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  • La victoire des hockeyeurs américains aux JO ravive les tensions diplomatiques entre Washington et Ottawa
    Feb 23 2026

    Les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina se sont achevés ce dimanche en Italie. L’ultime médaille d’or a été remportée au terme de la finale du tournoi masculin de hockey sur glace par les États-Unis, qui ont battu le Canada, dans le dernier épisode en date d’une rivalité qui va bien au-delà du sport.

    L’auteur du but victorieux américain a perdu des dents dans la rencontre. C'est dire si c’était déjà assez tendu sur la glace dans ce jeu volontiers violent. Mais on retiendra la réaction carrément menaçante des autorités américaines. Le compte officiel de la Maison Blanche sur la plateforme X d’Elon Musk publie la photo d’un aigle américain qui tient entre ses serres une oie, l’animal réputé le plus canadien avec l’élan et le chien de traîneau. Cette publication, repostée par les plus fidèles zélateurs du président dans l'administration, répond à une autre publication qui date d’un an et qui avait manifestement été soigneusement mise de côté. C’est celle de l’ancien Premier ministre canadien Justin Trudeau qui à la suite d’une précédente confrontation, remportée alors par le Canada avait écrit « Vous ne pouvez pas avoir notre pays, vous ne pouvez pas avoir notre jeu » dans un contexte de pressions américaines pour faire du Canada le 51ᵉ État américain.

    Tensions persistantes

    Un an plus tard, la tension n’est donc pas retombée, loin de là. Avant l’annulation des droits de douane par la Cour suprême vendredi, les négociations entre Canadiens et Américains étaient bloquées par la volonté de la Maison Blanche. Donald Trump n’a pas apprécié que le Premier ministre canadien Mark Carney signe sa réconciliation avec la Chine. Il l'a lui aussi affublé du titre de gouverneur. Il a également mal vécu le succès d’estime remporté par Mark Carney au Forum économique mondial de Davos lorsqu’il a appelé les puissances moyennes à s’unir pour exister face aux grandes puissances. Donald Trump menace aussi d'interdire l'ouverture d'un nouveau pont reliant la province canadienne de l'Ontario à l'État américain du Michigan. L’administration Trump ne prend même pas la peine de masquer sa sympathie pour la cause des séparatistes de l’Alberta, la province qui produit plus de 80% du pétrole canadien et qui abrite l’essentiel des réserves canadiennes de terres rares.

    Autonomie

    La méfiance est tellement installée que la semaine dernière, le gouvernement canadien a présenté ce qui ressemble à une déclaration d'autonomie stratégique. Un énorme plan d'investissements dans les industries de défense. Actuellement, 75% des dépenses canadiennes dans ce secteur aboutissent dans les coffres de sociétés américaines. L’objectif est que d’ici à 10 ans, les trois quarts de ces dépenses finissent dans la trésorerie d'entreprises canadiennes. Tout en s’équipant en avions de combat, en brise-glace, en blindés et en sous-marins. Un contrat d'achat d'une douzaine de submersibles doit être annoncé cette année. Une entreprise sud-coréenne et une allemande sont en finale. Ces pays comme la Grande-Bretagne, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l'Australie ainsi que ceux de l'Union européenne, ont été identifiés lors de l'annonce comme des partenaires fiables par Mark Carney qui, à cette occasion, a tout simplement omis de parler des États-Unis.

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  • Entre rivalités politiques et industrielles, le projet d'avion de combat européen bat de l'aile
    Feb 20 2026

    Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et les doutes sur la solidité de l’alliance atlantique, l’Europe cherche des solutions. La nécessité de réinvestir dans la défense semble faire l’unanimité. En revanche, pour les modalités et l’exécution, c’est plutôt en ordre dispersé. Un des projets majeurs est désormais en grande difficulté.

    Le SCAF, c'est le système de combat aérien du futur. L'avion de combat de prochaine génération et les éléments gravitant autour de lui, comme des drones de combat. Un projet porté initialement par la France et l’Allemagne, rejoints par l’Espagne. Depuis des semaines, l’Allemagne se fait prier pour savoir si elle va continuer dans ce projet. À l’évidence, la réponse ressemble de plus en plus à un non, dans un contexte de relations rafraichies avec la France.

    Dans un podcast, le chancelier allemand Friedrich Merz se demande ouvertement si les deux pays ont besoin du même avion. Il explique que la France veut un appareil capable d’emporter des têtes nucléaires et de se poser sur un porte-avion, ce dont n’a pas besoin l’Allemagne actuellement. Le président français Emmanuel Macron, lui, insiste sur un avion unique qui ferait remplirait toutes les missions des pays partie prenantes du projet.

    Les moyens financiers en question

    Il y a une dimension industrielle et donc économique importante dans ce projet. Côté français, il est porté par l’avionneur français Dassault qui se voit en maître d’œuvre, fort de son expérience avec le Rafale. L’entreprise affirme qu’elle est parfaitement en mesure de construire un avion seule.

    on partenaire désigné, Airbus, aux capitaux européens, donc en partie allemands, s’estime capable de construire deux avions différents, ça se comprend. Deux avions, ça multiplie les possibilités de commandes et donc de chiffre d'affaires. L’avionneur européen reprend au bond une balle lancée par le chancelier allemand qui explique qu’il faut se demander si les protagonistes ont la force et la volonté de construire deux avions pour deux profils d’exigences différents ou seulement un seul. L’allusion aux moyens financiers est limpide : l’Allemagne a décidé d’investir des centaines de milliards d’euros, dans les années à venir pour se construire la plus grande armée conventionnelle d’Europe, quand la France a peiné, pendant des mois pour se doter d’un budget avec une rallonge de 6 milliards d’euros pour la défense.

    Demande américaine

    Et plusieurs pays réclament à la France de dépenser plus pour sa défense. C’est donc le cas de l’Allemagne, mais aussi désormais de la Pologne. Ces pays comme les pays scandinaves, répercutent la demande insistante de Donald Trump faite aux Européens d'augmenter leur budget dans la défence. Faute de quoi, il ne viendrait pas à leur secours en cas de conflit dans un monde de plus en plus dangereux. Et les pays européens de l'Otan savent très bien qu’ils ont besoin des États-Unis pour assurer leur défense.

    Entre les appels anciens de la France à l’autonomie stratégique et leur besoins immédiats, ils doivent arbitrer et trouver un équilibre. L’Allemagne s’apprête d’ailleurs à acheter d'autres avions américains F35. C’est exactement ce que souhaitent les États-Unis et ce que le secrétaire d’État Marco Rubio a répété la semaine dernière la conférence pour la sécurité de Munich aux Européens, sous leurs applaudissements.

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  • Le «Conseil de paix» du président américain ou la géopolitique du Trumpisme
    Feb 19 2026

    Les yeux se tournent vers Washington aujourd’hui. C’est la première réunion du Conseil de paix de Donald Trump. Prévus initialement et mandatés par les Nations unies pour superviser la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza, ses objectifs se sont élargis à tous les conflits mondiaux. Et ses membres illustrent la géopolitique de l'administration américaine.

    Les représentants de plusieurs dizaines de pays sont attendus à l'institut Donald Trump pour la paix de Washington. C'est un bâtiment déjà existant auquel a été accolé le nom du président. Il y a ceux qui ont formellement adhéré, dont le nombre reste imprécis. On y trouve le noyau dur des alliés des États-Unis de Donald Trump depuis son premier mandat : les signataires des accords d’Abraham, des pays du monde arabo-musulman qui ont normalisé leurs relations avec Israël, qui en est également.

    Il faut y ajouter l’Arabie saoudite, la Turquie, des pays d’Asie centrale d’autres d'Asie du Sud-Est comme le Cambodge ou le Vietnam. On trouve également des alliés idéologiques du président américain sur tous les continents. Il y a par exemple l’Argentine ou en Europe, la Hongrie. En tout sur les pays signataires, il en a une vingtaine qui ne sont pas considérés comme des démocraties.

    Observateurs

    Et puis il y a ceux qui sont absents. C'est une liste qui complète en creux la précédente. Et qui en dit aussi long sur ceux avec qui la confiance est abîmée. Le Canada est puni et privé de Conseil de paix parce que son Premier ministre a contesté une déclaration du président américain affirmant que le Canada n’existe que grâce aux États-Unis.

    Le Royaume-Uni, malgré sa relation spéciale n’en est pas. Le Vatican s'est également abstenu. Comme la plupart des pays de l’Union européenne qui ont refusé l’invitation, y voyant une organisation concurrente de l'ONU. L’Union sera tout de même représentée par la commissaire à la Méditerranée mais seulement en tant qu'observateur. De même que certains pays européens, comme l’Italie. Giorgia Meloni tente de ménager à la fois l’Union et Donald Trump avec qui elle pense avoir une relation privilégiée.

    Représentativité et efficacité en question

    Au-delà des appartenances, il y a la question de l’efficacité. Le président américain le sait et assume ses choix et ceux de ses amis et partenaires : « J'ai des personnes controversées. Mais ce sont des gens qui font le travail. Ce sont des gens qui ont une influence considérable », dit-il. C’est une critique transparente de l’ordre international, de ses organisations et de leur inefficacité supposée.

    Si on se base sur le poids économique, les membres du Conseil de paix pèsent moins lourd en termes de PIB que ceux du G7. En termes de population, c’est évidemment beaucoup moins que la quasi-universelle organisation des Nations unies. Celle qui est tellement critiquée par l’administration Trump qui a l’ambition de la remplacer. Pour la représentativité, on repassera, donc. Et pour l’efficacité, on verra.

    Pour l’instant, le président américain annonce avoir recueilli 5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza. Les besoins sont évalués à 70 milliards. Le Hamas n’est pas désarmé. La force internationale de sécurité n’est pas constituée et Israël surveille sa composition avec beaucoup de soin. Et surtout, malgré les déclarations optimistes de Donald Trump sur le déroulement de son plan, la paix est encore loin. Depuis le début de la trêve en octobre, plus de 600 palestiniens ont été tués dans des opérations israéliennes à Gaza.

    À lire aussiLe «Conseil de paix» voulu par Donald Trump se réunit pour la première fois à Washington

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  • Les violences politiques progressent de façon inquiétante à l’échelle mondiale
    Feb 18 2026
    En France, la classe politique est encore sous le choc après la mort d’un militant d’extrême droite, Quentin Deranque, roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée la France insoumise, Rima Hassan. Mardi 17 février, une minute de silence a été respectée à l’Assemblée nationale pour dénoncer la violence politique. Dans le monde entier ce type de violence s'est multiplié ces dernières années. On ne parle pas bien sûr des régimes autoritaires ou dictatoriaux ou la violence politique est consubstantielle à l’exercice du pouvoir. On parle bien des démocraties occidentales. Il y a au moins un exemple célèbre ces dernières années : en 2016, la députée britannique travailliste, Jo Cox avait été tuée par balles et poignardée par un sympathisant d’extrême droite, une semaine avant le référendum sur le Brexit. Un choc dans un pays où la dernière fois qu’un député avait été tué, c’était un quart de siècle auparavant, en plein conflit nord-irlandais. En Allemagne, des chiffres officiels font état d’une augmentation de 40% des crime à caractère politiques en 2024 par rapport à l’année précédente. En Suède, un homme politique sur quatre subit des menaces ou du harcèlement. Aux États-Unis, une violence politique sans précédent C’est même ce que l’on pourrait appeler une tradition historique aux États-Unis, où rappelons le, les armes circulent librement et où des manifestants ont pris d’assaut le parlement en 2021. Quatre présidents ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions : Abraham Lincoln, James Garfield, William McKinley, et plus près de nous, John Kennedy. C’est sans compter les assassinats et tentatives d’assassinat en pleine campagne électorale. La plus récente, c’est celle contre Donald Trump en juillet 2024 en Pennsylvanie et une autre arrêtée avant tout coup de feu près d'un golf en Floride. Plus près de nous encore, la mort du militant conservateur et fondamentaliste chrétien soutien de Donald Trump, Charlie Kirk, tué par balle alors qu’il s’exprimait devant des étudiants américains. À lire aussiÉtats-Unis: l'influenceur Charlie Kirk, figure de proue des jeunes pro-Trump, tué par balle Difficile de dire que ces événements s’inscrivent dans une tendance globale Il y a chaque fois des raisons particulières et des circonstances locales, mais que ce soit aux États-Unis ou en France, mais pour l’instant à un degré moindre ici, il y a un point commun qui est l'hystérisation des discours partisans et la fracturation des opinions publiques. Ce qui est largement partagé, c’est l’instrumentation de ces événements violents dans le débat public. La mort de Charlie Kirk par exemple, a été pour le camp présidentiel américain l’occasion de se poser en victime du camp adverse, stigmatisé comme fauteur de trouble par ses discours radicaux. Après la tentative d’assassinat contre lui, et chaque occasion, Donald Trump dénonce avec force les démocrates qualifiés de malades d’extrême gauche et réciproquement. Des discours qui ressemblent fortement à ceux que l’on entend ces derniers jours en France entre accusations d’appartenance à l’ultragauche ou à l’ultradroite sans que l’on sache réellement ce que ces notions recouvrent exactement. Des discours que dénonce d’ailleurs la France insoumise s’estimant victime d’accusations sur le modèle trumpiste. À lire aussiMort de Quentin Deranque: La France insoumise réfute les accusations et dénonce une «instrumentalisation»
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  • En Inde, Emmanuel Macron veut afficher sa bonne entente avec Narendra Modi
    Feb 17 2026

    L’Inde accueille jusqu'au 20 févier un sommet mondial sur l’intelligence artificielle avec de nombreux dirigeants d’entreprise de ce secteur stratégique technologiquement et financièrement. Des chefs d’État et de gouvernements sont aussi du voyage dont Emmanuel Macron.

    Le président français n’est pas le premier à faire le voyage en Inde ces dernière semaines. Il suit le chancelier allemand Friedrich Merz, et les responsables européens, la présidente de la Commission Ursula Von der Leyen et celui du conseil Antonio Costa. Ensemble, ils ont signé avec le Premier ministre indien Narendra Modi ce qui est présenté comme l’accord commercial de tous les accords commerciaux, créant un marché de deux milliards de personnes. Un peu comme ce qui arrive avec la Chine, tous ces dirigeants viennent chercher de nouveaux partenaires dans un contexte de fragmentation du commerce mondial avec la guerre tarifaire lancée par le président américain. C’est d’ailleurs exactement la même chose pour l’Inde. Le pays cherche aussi des partenaires. Il est également sous forte pression commerciale américaine depuis des mois et des mois. Narendra Modi, qui n'a jamais condamné l'invasion russe de l'Ukraine se fait notamment tirer l'oreille par les États-Unis pour cesser d'acheter du pétrole russe.

    Rafale supplémentaires

    Narendra Modi et Emmanuel Macron vont donc se soutenir mutuellement. Et la principale nouvelle qui illustre cette bonne entente, c’est l’approbation la semaine dernière par le ministère indien de la défense de l’achat de 114 Rafale supplémentaires pour trente milliards d’euros après les 36 acquis par l’armée de l’air indienne et les 26 acquis par la Marine depuis 2016. Il semble donc que les autorités indiennes aient été convaincues par l’avion de combat français lors de l’opération Sindoor, menée contre le Pakistan au Cachemire en mai 2025. Mais approbation ne veut pas dire signature.

    Pour cela, il y a encore des étapes à franchir et des efforts à faire. Une partie des pièces de l’appareil, dont les moteurs, vont être assemblés en Inde. Le motoriste français Safran assure toutefois que les pièces les plus sensibles continueront d’être fabriquées en France. L’Inde aimerait bien placer ses propres armes. Et notamment celles dont la France manque comme se lance-roquettes multiples, mais les partenaires européens de la France font davantage confiance à d’autres pays comme la Corée du sud.

    Bollywood et l'opinion indienne

    Il n’y a pas que le domaine militaire qui soit au programme. Il y a l’intelligence artificielle. Le sommet organisé à New Delhi fait suite à celui organisé en France l’an dernier. Et puis il y a aussi la culture. Le président français va s’entretenir avec des interlocuteurs du milieu du cinéma indien. Bollywood, comme on dit, est un secteur très important dans le pays, qui s'il génère moins de revenus, tourne davantage de films que le Hollywood américain.

    Le poids du cinéma est très important dans l’opinion indienne et les thèmes de prédilection les plus récents, ceux qui rencontrent le public, sont le patriotisme et le nationalisme. Ce sont exactement les thèmes que travaille Narendra Modi depuis son arrivée au pouvoir il y a douze ans, avec une priorité donnée aux hindouistes. Cela a conduit à une politique de discrimination des plus de 200 millions de musulmans indiens. Et les relations qu’il tisse avec ses partenaires ont aussi pour but et pour conséquence de servir ses priorités avant toute toute chose et notamment avant celles de ses partenaires.

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  • Sous pression américaine, le régime cubain dans une crise potentiellement existentielle
    Feb 16 2026

    Cuba s’enfonce dans la crise. L’île communiste est en grande difficulté économique et énergétique depuis la capture de Nicolas Maduro et la mise sous tutelle du Vénézuéla par les États-Unis.

    Pour le régime cubain communiste, le Vénézuela bolivarien était un partenaire essentiel. Il lui fournissait 30 à 40% de son pétrole, et à des conditions avantageuses. Et ça depuis le 3 janvier et l’opération américaine qui, au passage, a coûté la vie à plus de 30 Cubains chargés de la protection de Nicolas Maduro, c’est terminé. Il devient très compliqué de trouver de l’essence sur l’île où elle était déjà à des prix prohibitifs. Les coupures d’électricité sont fréquentes. La circulation entre les différentes parties de l’île est très limitée.

    Festival du cigare annulé

    Le secteur du tourisme est quasiment à l’arrêt. Juste après l’envoi à l’étranger de professionnels de santé, le tourisme est la deuxième source de devises étrangères à Cuba. Dernière mesure symbolique en date : le report du festival du cigare qui rapporte chaque année plusieurs millions d’euros au régime. Une trentaine d’hôtels quasiment vides vont être fermés pour rationaliser la consommation d’énergie. Plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers Cuba, faute de pouvoir y faire le plein en kérosène. Celles qui continuent doivent faire des escales techniques dans d’autres pays proches pour faire le plein, ce qui complique les affaires et renchérit les coûts d'entreprises dont la fonction n'est pas de faire des cadeaux.

    De l'aide, mais pas de pétrole

    Cuba a encore un peu d’aide, de l’aide humanitaire. Le Chili a promis la sienne avant l'investiture du nouveau président d’extrême droite qui ne sera sans doute pas aussi compréhensif. 800 tonnes d’aide sont arrivées ces derniers jours du Mexique de la présidente de gauche Claudia Sheinbaum. Le pays a fait parvenir du lait, des produits carnés, des aliments secs et des articles d'hygiène personnelle. Mais pas de pétrole. Des sources diplomatiques russes indiquent que la Russie a prévu d’envoyer des produits pétroliers.

    Enjeu énorme

    Le régime cubain accuse les États-Unis de vouloir l’asphyxier. Et c’est totalement vrai. L'administration Trump menace de droits de douane tout pays qui enverrait du pétrole à Cuba. Le jour de l’enlèvement de Nicolas Maduro, le secrétaire d’État américain Marco Rubio expliquait que s’il était un dirigeant du régime cubain, il ne dormirait pas tranquille. Pour lui, c’est une affaire personnelle. Il est fils d’exilés cubains et il ne relâchera certainement pas la pression. L’opposition cubaine, inexistante sur l’île, se trouve principalement aux États-Unis. Et la communauté cubaine vote largement pour les républicains. C’est particulièrement important en cette année d’élections de mi-mandat qui s’annoncent très tendues.

    L’enjeu politique, géopolitique et diplomatique d’une chute du régime est énorme. Si cela arrivait, ce serait un nouveau pays, très proche géographiquement, qui tomberait dans l’orbite américaine. Depuis la réactivation de la doctrine Monroe qui fait de l'Amérique latine l'arrière-cour des États-Unis, le plan fonctionne parfaitement. Et si le régime cubain venait à tomber, pour Donald Trump ce serait une énorme victoire symbolique. Il réussirait là où 11 présidents américains ont échoué avant lui.

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  • Conférence de Munich: en matière de sécurité transatlantique, le messager américain change mais le message reste
    Feb 13 2026

    La conférence de Munich sur la sécurité débute aujourd’hui dans le sud de l’Allemagne. Une soixantaine de chefs d’État ou de gouvernement sont attendus ainsi que des responsables de 120 pays. Tout le monde aura en tête le souvenir de l’édition précédente. Un homme avait marqué les esprits.

    Le vice-président américain JD Vance, avait prononcé un véritable réquisitoire contre les pays européens, accusés d’entraver la liberté d’expression, notamment des partis d’extrême droite auxquels il avait rendu visite en marge de la conférence, comme l’AFD en Allemagne. Il dénonçait également la politique migratoire de l’Union Européenne. Cela avait été un choc violent pour de nombreux participants à cet événement axé notamment sur les relations transatlantiques. Tout le monde avait été obligé de constater que l’océan Atlantique allait en s’élargissant.

    Marco Rubio rassurant ?

    Un an plus tard, il n’y a pas vraiment de raison que le discours soit différent. Certes JD Vance ne sera pas là. Mais ses amis de l’AFD ont été discrètement réintégrés à un événement dont ils étaient exclus. C’est le secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale Marco Rubio qui vient porter la parole américaine. Il rassure un peu parce qu’il est issu des rangs des républicains traditionnels. Mais ce parti républicain-là n’existe plus.

    Marco Rubio a embrassé les thèses MAGA sur la défense et la sécurité et il applique la stratégie de sécurité nationale américaine qui met ces thèses par écrit. Il n’hésite pas à dire leur fait aux Européens qui contesteraient les décisions américaines. C’est ce qui est arrivé par exemple dans la lutte contre le narcotrafic dans les Caraïbes qui a mené au kidnapping de Nicolas Maduro et à la mise sous tutelle du Venezuela.

    Depuis des mois, des diplomates du département d’État parcourent l’Europe à la recherche d’éléments tendant à prouver que l’extrême droite y est maltraitée et muselée. Des membres des partis européens d’extrême droite sont reçus et conseillés aux États-Unis. Depuis un an, cela n'a fait basculer aucun pays en Europe, mais c'est la politique américaine officielle. Au cas où le message ne soit pas assez clair, après Munich, Marco Rubio ira rendre visite à des alliés, en Hongrie et en Slovaquie.

    « Nous voulons que vous grandissiez »

    Les Européens essaient tout de même de s’organiser mais cela tient davantage de l’adaptation que de la rupture. Les membres de l’OTAN, sous la pression de Donald Trump, augmentent les dépenses en matière de défense. L’ambassadeur américain auprès de l’OTAN s’en félicite. Matt Whitaker utilise une comparaison infantilisante et paternaliste, mais parlante : « Quand vos enfants sont jeunes, ils dépendent de vous, mais vous vous attendez à ce qu'ils finissent par trouver un emploi. Pour moi, c'est exactement là où nous en sommes. Nous continuons à les aimer, vous êtes toujours nos alliés, mais nous voulons que vous grandissiez ». Et c'est difficile de grandir, de s’affirmer. ça peut et ça va prendre des années. C’est ce que les membres européens de l’OTAN ont commencé à faire avec leur sursaut sur le dossier du Groenland. Ils se sont engagés davantage sur la défense de l’Arctique, mais dans le cadre de l'Otan, donc sous la direction américaine. C'est peut-être aussi ce qui explique que Donald Trump a semblé reculer pour l’instant sur ses velléités d’annexion.

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  • Pour le sommet informel des dirigeants européens, la France, l'Allemagne et l'Italie sur des notes dissonantes
    Feb 12 2026

    Sommet européen informel ce jeudi 12 février à Alden Biesen, en Belgique. Cette réunion est présentée comme une retraite des dirigeants pour parler d’abord de compétitivité, de fonctionnement et de relance de l’Union européenne.

    C’est un besoin criant et identifié depuis longtemps. Plus précisément depuis les rapports signés de deux anciens chefs du gouvernement italiens, Enrico Letta et Mario Draghi. Les deux rapports pointent les insuffisances de l’espace économique européen et son décrochage sur les marchés mondiaux. Des Européens pris en tenaille entre le poids de la Chine dans la production mondiale et l’offensive douanière américaine depuis le retour de Donald Trump. En plus de son rapport, l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, invité aujourd’hui, a aussi marqué les esprits il y a quelques jours lors d’un discours dans une université de Louvain en Belgique. Il appelait l’Europe, si elle veut devenir une véritable puissance industrielle, en matière d’affaires étrangères et de défense, à surmonter ses vieilles divisions.

    Constat unanime, solutions multiples

    Et là, les Européens partent de loin. Parce que si tout le monde est à peu près d’accord sur les constats, faits notamment par la présidence française depuis des années, ce n’est pas forcément le cas sur les solutions. Le couple franco-allemand par exemple, a manifestement besoin de se parler. L’Élysée fait savoir avec beaucoup d’énergie que la préparation de ce sommet s’est déroulée absolument normalement entre Paris et Berlin. Mais les déclarations publiques disent autre chose.

    Hier, à Anvers devant un parterre d’industriels, Emmanuel Macron a réitéré son idée d’appuyer la relance sur des emprunts européens. Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui lui a succédé à la tribune, ne lui a même pas répondu. Des sources gouvernementales allemandes font toutefois savoir qu’il n’est pas acceptable de réclamer plus d’argent sans engager les réformes. Une référence transparente à la situation économique et politique en France. Dans son entretien à plusieurs journaux européens il y a deux jours, le président français expliquait qu’il devrait abandonner le char commun franco-allemand si l’Allemagne devait abandonner l’avion de combat commun.

    L'Italie au centre du jeu

    Parce que l’Allemagne semble avoir envie d’aller voir ailleurs. Depuis plusieurs semaines, on entend dire avec insistance que devant les blocages entre industriels chargés du système de combat aérien du futur, le SCAF, la partie allemande pourrait se tourner vers un autre projet mené par le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie. Justement, la cheffe du gouvernement italien et le chancelier allemand ont affiché leur bonne entente fin janvier à Rome.

    Giorgia Meloni a finalement permis de valider l’accord commercial UE-Mercosur auquel l’Allemagne tenait beaucoup et que la France a tenté de bloquer jusqu’au bout, ce qui a peut-être laissé des traces entre Paris et Berlin. Et si la situation économique italienne n’est pas parfaite, les déficits ont été réduits, contrairement à ceux de la France. C’est le genre d’efforts qui plaisent à Berlin. Enfin, Giorgia Meloni entend exploiter à fond le canal de communication privilégié qu’elle revendique avec le président américain, pour occuper un rôle diplomatique central et qui fait d’elle l’une des dirigeantes européennes de l’heure.

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