Entre rivalités politiques et industrielles, le projet d'avion de combat européen bat de l'aile
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Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et les doutes sur la solidité de l’alliance atlantique, l’Europe cherche des solutions. La nécessité de réinvestir dans la défense semble faire l’unanimité. En revanche, pour les modalités et l’exécution, c’est plutôt en ordre dispersé. Un des projets majeurs est désormais en grande difficulté.
Le SCAF, c'est le système de combat aérien du futur. L'avion de combat de prochaine génération et les éléments gravitant autour de lui, comme des drones de combat. Un projet porté initialement par la France et l’Allemagne, rejoints par l’Espagne. Depuis des semaines, l’Allemagne se fait prier pour savoir si elle va continuer dans ce projet. À l’évidence, la réponse ressemble de plus en plus à un non, dans un contexte de relations rafraichies avec la France.
Dans un podcast, le chancelier allemand Friedrich Merz se demande ouvertement si les deux pays ont besoin du même avion. Il explique que la France veut un appareil capable d’emporter des têtes nucléaires et de se poser sur un porte-avion, ce dont n’a pas besoin l’Allemagne actuellement. Le président français Emmanuel Macron, lui, insiste sur un avion unique qui ferait remplirait toutes les missions des pays partie prenantes du projet.
Les moyens financiers en questionIl y a une dimension industrielle et donc économique importante dans ce projet. Côté français, il est porté par l’avionneur français Dassault qui se voit en maître d’œuvre, fort de son expérience avec le Rafale. L’entreprise affirme qu’elle est parfaitement en mesure de construire un avion seule.
on partenaire désigné, Airbus, aux capitaux européens, donc en partie allemands, s’estime capable de construire deux avions différents, ça se comprend. Deux avions, ça multiplie les possibilités de commandes et donc de chiffre d'affaires. L’avionneur européen reprend au bond une balle lancée par le chancelier allemand qui explique qu’il faut se demander si les protagonistes ont la force et la volonté de construire deux avions pour deux profils d’exigences différents ou seulement un seul. L’allusion aux moyens financiers est limpide : l’Allemagne a décidé d’investir des centaines de milliards d’euros, dans les années à venir pour se construire la plus grande armée conventionnelle d’Europe, quand la France a peiné, pendant des mois pour se doter d’un budget avec une rallonge de 6 milliards d’euros pour la défense.
Demande américaineEt plusieurs pays réclament à la France de dépenser plus pour sa défense. C’est donc le cas de l’Allemagne, mais aussi désormais de la Pologne. Ces pays comme les pays scandinaves, répercutent la demande insistante de Donald Trump faite aux Européens d'augmenter leur budget dans la défence. Faute de quoi, il ne viendrait pas à leur secours en cas de conflit dans un monde de plus en plus dangereux. Et les pays européens de l'Otan savent très bien qu’ils ont besoin des États-Unis pour assurer leur défense.
Entre les appels anciens de la France à l’autonomie stratégique et leur besoins immédiats, ils doivent arbitrer et trouver un équilibre. L’Allemagne s’apprête d’ailleurs à acheter d'autres avions américains F35. C’est exactement ce que souhaitent les États-Unis et ce que le secrétaire d’État Marco Rubio a répété la semaine dernière la conférence pour la sécurité de Munich aux Européens, sous leurs applaudissements.