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La fabrique du monde

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Di: RFI
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Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

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Politica e governo
  • Entre rivalités politiques et industrielles, le projet d'avion de combat européen bat de l'aile
    Feb 20 2026

    Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et les doutes sur la solidité de l’alliance atlantique, l’Europe cherche des solutions. La nécessité de réinvestir dans la défense semble faire l’unanimité. En revanche, pour les modalités et l’exécution, c’est plutôt en ordre dispersé. Un des projets majeurs est désormais en grande difficulté.

    Le SCAF, c'est le système de combat aérien du futur. L'avion de combat de prochaine génération et les éléments gravitant autour de lui, comme des drones de combat. Un projet porté initialement par la France et l’Allemagne, rejoints par l’Espagne. Depuis des semaines, l’Allemagne se fait prier pour savoir si elle va continuer dans ce projet. À l’évidence, la réponse ressemble de plus en plus à un non, dans un contexte de relations rafraichies avec la France.

    Dans un podcast, le chancelier allemand Friedrich Merz se demande ouvertement si les deux pays ont besoin du même avion. Il explique que la France veut un appareil capable d’emporter des têtes nucléaires et de se poser sur un porte-avion, ce dont n’a pas besoin l’Allemagne actuellement. Le président français Emmanuel Macron, lui, insiste sur un avion unique qui ferait remplirait toutes les missions des pays partie prenantes du projet.

    Les moyens financiers en question

    Il y a une dimension industrielle et donc économique importante dans ce projet. Côté français, il est porté par l’avionneur français Dassault qui se voit en maître d’œuvre, fort de son expérience avec le Rafale. L’entreprise affirme qu’elle est parfaitement en mesure de construire un avion seule.

    on partenaire désigné, Airbus, aux capitaux européens, donc en partie allemands, s’estime capable de construire deux avions différents, ça se comprend. Deux avions, ça multiplie les possibilités de commandes et donc de chiffre d'affaires. L’avionneur européen reprend au bond une balle lancée par le chancelier allemand qui explique qu’il faut se demander si les protagonistes ont la force et la volonté de construire deux avions pour deux profils d’exigences différents ou seulement un seul. L’allusion aux moyens financiers est limpide : l’Allemagne a décidé d’investir des centaines de milliards d’euros, dans les années à venir pour se construire la plus grande armée conventionnelle d’Europe, quand la France a peiné, pendant des mois pour se doter d’un budget avec une rallonge de 6 milliards d’euros pour la défense.

    Demande américaine

    Et plusieurs pays réclament à la France de dépenser plus pour sa défense. C’est donc le cas de l’Allemagne, mais aussi désormais de la Pologne. Ces pays comme les pays scandinaves, répercutent la demande insistante de Donald Trump faite aux Européens d'augmenter leur budget dans la défence. Faute de quoi, il ne viendrait pas à leur secours en cas de conflit dans un monde de plus en plus dangereux. Et les pays européens de l'Otan savent très bien qu’ils ont besoin des États-Unis pour assurer leur défense.

    Entre les appels anciens de la France à l’autonomie stratégique et leur besoins immédiats, ils doivent arbitrer et trouver un équilibre. L’Allemagne s’apprête d’ailleurs à acheter d'autres avions américains F35. C’est exactement ce que souhaitent les États-Unis et ce que le secrétaire d’État Marco Rubio a répété la semaine dernière la conférence pour la sécurité de Munich aux Européens, sous leurs applaudissements.

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  • Le «Conseil de paix» du président américain ou la géopolitique du Trumpisme
    Feb 19 2026

    Les yeux se tournent vers Washington aujourd’hui. C’est la première réunion du Conseil de paix de Donald Trump. Prévus initialement et mandatés par les Nations unies pour superviser la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza, ses objectifs se sont élargis à tous les conflits mondiaux. Et ses membres illustrent la géopolitique de l'administration américaine.

    Les représentants de plusieurs dizaines de pays sont attendus à l'institut Donald Trump pour la paix de Washington. C'est un bâtiment déjà existant auquel a été accolé le nom du président. Il y a ceux qui ont formellement adhéré, dont le nombre reste imprécis. On y trouve le noyau dur des alliés des États-Unis de Donald Trump depuis son premier mandat : les signataires des accords d’Abraham, des pays du monde arabo-musulman qui ont normalisé leurs relations avec Israël, qui en est également.

    Il faut y ajouter l’Arabie saoudite, la Turquie, des pays d’Asie centrale d’autres d'Asie du Sud-Est comme le Cambodge ou le Vietnam. On trouve également des alliés idéologiques du président américain sur tous les continents. Il y a par exemple l’Argentine ou en Europe, la Hongrie. En tout sur les pays signataires, il en a une vingtaine qui ne sont pas considérés comme des démocraties.

    Observateurs

    Et puis il y a ceux qui sont absents. C'est une liste qui complète en creux la précédente. Et qui en dit aussi long sur ceux avec qui la confiance est abîmée. Le Canada est puni et privé de Conseil de paix parce que son Premier ministre a contesté une déclaration du président américain affirmant que le Canada n’existe que grâce aux États-Unis.

    Le Royaume-Uni, malgré sa relation spéciale n’en est pas. Le Vatican s'est également abstenu. Comme la plupart des pays de l’Union européenne qui ont refusé l’invitation, y voyant une organisation concurrente de l'ONU. L’Union sera tout de même représentée par la commissaire à la Méditerranée mais seulement en tant qu'observateur. De même que certains pays européens, comme l’Italie. Giorgia Meloni tente de ménager à la fois l’Union et Donald Trump avec qui elle pense avoir une relation privilégiée.

    Représentativité et efficacité en question

    Au-delà des appartenances, il y a la question de l’efficacité. Le président américain le sait et assume ses choix et ceux de ses amis et partenaires : « J'ai des personnes controversées. Mais ce sont des gens qui font le travail. Ce sont des gens qui ont une influence considérable », dit-il. C’est une critique transparente de l’ordre international, de ses organisations et de leur inefficacité supposée.

    Si on se base sur le poids économique, les membres du Conseil de paix pèsent moins lourd en termes de PIB que ceux du G7. En termes de population, c’est évidemment beaucoup moins que la quasi-universelle organisation des Nations unies. Celle qui est tellement critiquée par l’administration Trump qui a l’ambition de la remplacer. Pour la représentativité, on repassera, donc. Et pour l’efficacité, on verra.

    Pour l’instant, le président américain annonce avoir recueilli 5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza. Les besoins sont évalués à 70 milliards. Le Hamas n’est pas désarmé. La force internationale de sécurité n’est pas constituée et Israël surveille sa composition avec beaucoup de soin. Et surtout, malgré les déclarations optimistes de Donald Trump sur le déroulement de son plan, la paix est encore loin. Depuis le début de la trêve en octobre, plus de 600 palestiniens ont été tués dans des opérations israéliennes à Gaza.

    À lire aussiLe «Conseil de paix» voulu par Donald Trump se réunit pour la première fois à Washington

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  • Les violences politiques progressent de façon inquiétante à l’échelle mondiale
    Feb 18 2026
    En France, la classe politique est encore sous le choc après la mort d’un militant d’extrême droite, Quentin Deranque, roué de coups en marge d’une conférence de l’eurodéputée la France insoumise, Rima Hassan. Mardi 17 février, une minute de silence a été respectée à l’Assemblée nationale pour dénoncer la violence politique. Dans le monde entier ce type de violence s'est multiplié ces dernières années. On ne parle pas bien sûr des régimes autoritaires ou dictatoriaux ou la violence politique est consubstantielle à l’exercice du pouvoir. On parle bien des démocraties occidentales. Il y a au moins un exemple célèbre ces dernières années : en 2016, la députée britannique travailliste, Jo Cox avait été tuée par balles et poignardée par un sympathisant d’extrême droite, une semaine avant le référendum sur le Brexit. Un choc dans un pays où la dernière fois qu’un député avait été tué, c’était un quart de siècle auparavant, en plein conflit nord-irlandais. En Allemagne, des chiffres officiels font état d’une augmentation de 40% des crime à caractère politiques en 2024 par rapport à l’année précédente. En Suède, un homme politique sur quatre subit des menaces ou du harcèlement. Aux États-Unis, une violence politique sans précédent C’est même ce que l’on pourrait appeler une tradition historique aux États-Unis, où rappelons le, les armes circulent librement et où des manifestants ont pris d’assaut le parlement en 2021. Quatre présidents ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions : Abraham Lincoln, James Garfield, William McKinley, et plus près de nous, John Kennedy. C’est sans compter les assassinats et tentatives d’assassinat en pleine campagne électorale. La plus récente, c’est celle contre Donald Trump en juillet 2024 en Pennsylvanie et une autre arrêtée avant tout coup de feu près d'un golf en Floride. Plus près de nous encore, la mort du militant conservateur et fondamentaliste chrétien soutien de Donald Trump, Charlie Kirk, tué par balle alors qu’il s’exprimait devant des étudiants américains. À lire aussiÉtats-Unis: l'influenceur Charlie Kirk, figure de proue des jeunes pro-Trump, tué par balle Difficile de dire que ces événements s’inscrivent dans une tendance globale Il y a chaque fois des raisons particulières et des circonstances locales, mais que ce soit aux États-Unis ou en France, mais pour l’instant à un degré moindre ici, il y a un point commun qui est l'hystérisation des discours partisans et la fracturation des opinions publiques. Ce qui est largement partagé, c’est l’instrumentation de ces événements violents dans le débat public. La mort de Charlie Kirk par exemple, a été pour le camp présidentiel américain l’occasion de se poser en victime du camp adverse, stigmatisé comme fauteur de trouble par ses discours radicaux. Après la tentative d’assassinat contre lui, et chaque occasion, Donald Trump dénonce avec force les démocrates qualifiés de malades d’extrême gauche et réciproquement. Des discours qui ressemblent fortement à ceux que l’on entend ces derniers jours en France entre accusations d’appartenance à l’ultragauche ou à l’ultradroite sans que l’on sache réellement ce que ces notions recouvrent exactement. Des discours que dénonce d’ailleurs la France insoumise s’estimant victime d’accusations sur le modèle trumpiste. À lire aussiMort de Quentin Deranque: La France insoumise réfute les accusations et dénonce une «instrumentalisation»
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