Pour le sommet informel des dirigeants européens, la France, l'Allemagne et l'Italie sur des notes dissonantes
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Sommet européen informel ce jeudi 12 février à Alden Biesen, en Belgique. Cette réunion est présentée comme une retraite des dirigeants pour parler d’abord de compétitivité, de fonctionnement et de relance de l’Union européenne.
C’est un besoin criant et identifié depuis longtemps. Plus précisément depuis les rapports signés de deux anciens chefs du gouvernement italiens, Enrico Letta et Mario Draghi. Les deux rapports pointent les insuffisances de l’espace économique européen et son décrochage sur les marchés mondiaux. Des Européens pris en tenaille entre le poids de la Chine dans la production mondiale et l’offensive douanière américaine depuis le retour de Donald Trump. En plus de son rapport, l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, invité aujourd’hui, a aussi marqué les esprits il y a quelques jours lors d’un discours dans une université de Louvain en Belgique. Il appelait l’Europe, si elle veut devenir une véritable puissance industrielle, en matière d’affaires étrangères et de défense, à surmonter ses vieilles divisions.
Constat unanime, solutions multiplesEt là, les Européens partent de loin. Parce que si tout le monde est à peu près d’accord sur les constats, faits notamment par la présidence française depuis des années, ce n’est pas forcément le cas sur les solutions. Le couple franco-allemand par exemple, a manifestement besoin de se parler. L’Élysée fait savoir avec beaucoup d’énergie que la préparation de ce sommet s’est déroulée absolument normalement entre Paris et Berlin. Mais les déclarations publiques disent autre chose.
Hier, à Anvers devant un parterre d’industriels, Emmanuel Macron a réitéré son idée d’appuyer la relance sur des emprunts européens. Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui lui a succédé à la tribune, ne lui a même pas répondu. Des sources gouvernementales allemandes font toutefois savoir qu’il n’est pas acceptable de réclamer plus d’argent sans engager les réformes. Une référence transparente à la situation économique et politique en France. Dans son entretien à plusieurs journaux européens il y a deux jours, le président français expliquait qu’il devrait abandonner le char commun franco-allemand si l’Allemagne devait abandonner l’avion de combat commun.
L'Italie au centre du jeuParce que l’Allemagne semble avoir envie d’aller voir ailleurs. Depuis plusieurs semaines, on entend dire avec insistance que devant les blocages entre industriels chargés du système de combat aérien du futur, le SCAF, la partie allemande pourrait se tourner vers un autre projet mené par le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie. Justement, la cheffe du gouvernement italien et le chancelier allemand ont affiché leur bonne entente fin janvier à Rome.
Giorgia Meloni a finalement permis de valider l’accord commercial UE-Mercosur auquel l’Allemagne tenait beaucoup et que la France a tenté de bloquer jusqu’au bout, ce qui a peut-être laissé des traces entre Paris et Berlin. Et si la situation économique italienne n’est pas parfaite, les déficits ont été réduits, contrairement à ceux de la France. C’est le genre d’efforts qui plaisent à Berlin. Enfin, Giorgia Meloni entend exploiter à fond le canal de communication privilégié qu’elle revendique avec le président américain, pour occuper un rôle diplomatique central et qui fait d’elle l’une des dirigeantes européennes de l’heure.