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Sous pression américaine, le régime cubain dans une crise potentiellement existentielle

Sous pression américaine, le régime cubain dans une crise potentiellement existentielle

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Cuba s’enfonce dans la crise. L’île communiste est en grande difficulté économique et énergétique depuis la capture de Nicolas Maduro et la mise sous tutelle du Vénézuéla par les États-Unis.

Pour le régime cubain communiste, le Vénézuela bolivarien était un partenaire essentiel. Il lui fournissait 30 à 40% de son pétrole, et à des conditions avantageuses. Et ça depuis le 3 janvier et l’opération américaine qui, au passage, a coûté la vie à plus de 30 Cubains chargés de la protection de Nicolas Maduro, c’est terminé. Il devient très compliqué de trouver de l’essence sur l’île où elle était déjà à des prix prohibitifs. Les coupures d’électricité sont fréquentes. La circulation entre les différentes parties de l’île est très limitée.

Festival du cigare annulé

Le secteur du tourisme est quasiment à l’arrêt. Juste après l’envoi à l’étranger de professionnels de santé, le tourisme est la deuxième source de devises étrangères à Cuba. Dernière mesure symbolique en date : le report du festival du cigare qui rapporte chaque année plusieurs millions d’euros au régime. Une trentaine d’hôtels quasiment vides vont être fermés pour rationaliser la consommation d’énergie. Plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers Cuba, faute de pouvoir y faire le plein en kérosène. Celles qui continuent doivent faire des escales techniques dans d’autres pays proches pour faire le plein, ce qui complique les affaires et renchérit les coûts d'entreprises dont la fonction n'est pas de faire des cadeaux.

De l'aide, mais pas de pétrole

Cuba a encore un peu d’aide, de l’aide humanitaire. Le Chili a promis la sienne avant l'investiture du nouveau président d’extrême droite qui ne sera sans doute pas aussi compréhensif. 800 tonnes d’aide sont arrivées ces derniers jours du Mexique de la présidente de gauche Claudia Sheinbaum. Le pays a fait parvenir du lait, des produits carnés, des aliments secs et des articles d'hygiène personnelle. Mais pas de pétrole. Des sources diplomatiques russes indiquent que la Russie a prévu d’envoyer des produits pétroliers.

Enjeu énorme

Le régime cubain accuse les États-Unis de vouloir l’asphyxier. Et c’est totalement vrai. L'administration Trump menace de droits de douane tout pays qui enverrait du pétrole à Cuba. Le jour de l’enlèvement de Nicolas Maduro, le secrétaire d’État américain Marco Rubio expliquait que s’il était un dirigeant du régime cubain, il ne dormirait pas tranquille. Pour lui, c’est une affaire personnelle. Il est fils d’exilés cubains et il ne relâchera certainement pas la pression. L’opposition cubaine, inexistante sur l’île, se trouve principalement aux États-Unis. Et la communauté cubaine vote largement pour les républicains. C’est particulièrement important en cette année d’élections de mi-mandat qui s’annoncent très tendues.

L’enjeu politique, géopolitique et diplomatique d’une chute du régime est énorme. Si cela arrivait, ce serait un nouveau pays, très proche géographiquement, qui tomberait dans l’orbite américaine. Depuis la réactivation de la doctrine Monroe qui fait de l'Amérique latine l'arrière-cour des États-Unis, le plan fonctionne parfaitement. Et si le régime cubain venait à tomber, pour Donald Trump ce serait une énorme victoire symbolique. Il réussirait là où 11 présidents américains ont échoué avant lui.

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