Conférence de Munich: en matière de sécurité transatlantique, le messager américain change mais le message reste
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La conférence de Munich sur la sécurité débute aujourd’hui dans le sud de l’Allemagne. Une soixantaine de chefs d’État ou de gouvernement sont attendus ainsi que des responsables de 120 pays. Tout le monde aura en tête le souvenir de l’édition précédente. Un homme avait marqué les esprits.
Le vice-président américain JD Vance, avait prononcé un véritable réquisitoire contre les pays européens, accusés d’entraver la liberté d’expression, notamment des partis d’extrême droite auxquels il avait rendu visite en marge de la conférence, comme l’AFD en Allemagne. Il dénonçait également la politique migratoire de l’Union Européenne. Cela avait été un choc violent pour de nombreux participants à cet événement axé notamment sur les relations transatlantiques. Tout le monde avait été obligé de constater que l’océan Atlantique allait en s’élargissant.
Marco Rubio rassurant ?Un an plus tard, il n’y a pas vraiment de raison que le discours soit différent. Certes JD Vance ne sera pas là. Mais ses amis de l’AFD ont été discrètement réintégrés à un événement dont ils étaient exclus. C’est le secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale Marco Rubio qui vient porter la parole américaine. Il rassure un peu parce qu’il est issu des rangs des républicains traditionnels. Mais ce parti républicain-là n’existe plus.
Marco Rubio a embrassé les thèses MAGA sur la défense et la sécurité et il applique la stratégie de sécurité nationale américaine qui met ces thèses par écrit. Il n’hésite pas à dire leur fait aux Européens qui contesteraient les décisions américaines. C’est ce qui est arrivé par exemple dans la lutte contre le narcotrafic dans les Caraïbes qui a mené au kidnapping de Nicolas Maduro et à la mise sous tutelle du Venezuela.
Depuis des mois, des diplomates du département d’État parcourent l’Europe à la recherche d’éléments tendant à prouver que l’extrême droite y est maltraitée et muselée. Des membres des partis européens d’extrême droite sont reçus et conseillés aux États-Unis. Depuis un an, cela n'a fait basculer aucun pays en Europe, mais c'est la politique américaine officielle. Au cas où le message ne soit pas assez clair, après Munich, Marco Rubio ira rendre visite à des alliés, en Hongrie et en Slovaquie.
« Nous voulons que vous grandissiez »Les Européens essaient tout de même de s’organiser mais cela tient davantage de l’adaptation que de la rupture. Les membres de l’OTAN, sous la pression de Donald Trump, augmentent les dépenses en matière de défense. L’ambassadeur américain auprès de l’OTAN s’en félicite. Matt Whitaker utilise une comparaison infantilisante et paternaliste, mais parlante : « Quand vos enfants sont jeunes, ils dépendent de vous, mais vous vous attendez à ce qu'ils finissent par trouver un emploi. Pour moi, c'est exactement là où nous en sommes. Nous continuons à les aimer, vous êtes toujours nos alliés, mais nous voulons que vous grandissiez ». Et c'est difficile de grandir, de s’affirmer. ça peut et ça va prendre des années. C’est ce que les membres européens de l’OTAN ont commencé à faire avec leur sursaut sur le dossier du Groenland. Ils se sont engagés davantage sur la défense de l’Arctique, mais dans le cadre de l'Otan, donc sous la direction américaine. C'est peut-être aussi ce qui explique que Donald Trump a semblé reculer pour l’instant sur ses velléités d’annexion.