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Le «Conseil de paix» du président américain ou la géopolitique du Trumpisme

Le «Conseil de paix» du président américain ou la géopolitique du Trumpisme

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Les yeux se tournent vers Washington aujourd’hui. C’est la première réunion du Conseil de paix de Donald Trump. Prévus initialement et mandatés par les Nations unies pour superviser la mise en œuvre du plan de paix pour Gaza, ses objectifs se sont élargis à tous les conflits mondiaux. Et ses membres illustrent la géopolitique de l'administration américaine.

Les représentants de plusieurs dizaines de pays sont attendus à l'institut Donald Trump pour la paix de Washington. C'est un bâtiment déjà existant auquel a été accolé le nom du président. Il y a ceux qui ont formellement adhéré, dont le nombre reste imprécis. On y trouve le noyau dur des alliés des États-Unis de Donald Trump depuis son premier mandat : les signataires des accords d’Abraham, des pays du monde arabo-musulman qui ont normalisé leurs relations avec Israël, qui en est également.

Il faut y ajouter l’Arabie saoudite, la Turquie, des pays d’Asie centrale d’autres d'Asie du Sud-Est comme le Cambodge ou le Vietnam. On trouve également des alliés idéologiques du président américain sur tous les continents. Il y a par exemple l’Argentine ou en Europe, la Hongrie. En tout sur les pays signataires, il en a une vingtaine qui ne sont pas considérés comme des démocraties.

Observateurs

Et puis il y a ceux qui sont absents. C'est une liste qui complète en creux la précédente. Et qui en dit aussi long sur ceux avec qui la confiance est abîmée. Le Canada est puni et privé de Conseil de paix parce que son Premier ministre a contesté une déclaration du président américain affirmant que le Canada n’existe que grâce aux États-Unis.

Le Royaume-Uni, malgré sa relation spéciale n’en est pas. Le Vatican s'est également abstenu. Comme la plupart des pays de l’Union européenne qui ont refusé l’invitation, y voyant une organisation concurrente de l'ONU. L’Union sera tout de même représentée par la commissaire à la Méditerranée mais seulement en tant qu'observateur. De même que certains pays européens, comme l’Italie. Giorgia Meloni tente de ménager à la fois l’Union et Donald Trump avec qui elle pense avoir une relation privilégiée.

Représentativité et efficacité en question

Au-delà des appartenances, il y a la question de l’efficacité. Le président américain le sait et assume ses choix et ceux de ses amis et partenaires : « J'ai des personnes controversées. Mais ce sont des gens qui font le travail. Ce sont des gens qui ont une influence considérable », dit-il. C’est une critique transparente de l’ordre international, de ses organisations et de leur inefficacité supposée.

Si on se base sur le poids économique, les membres du Conseil de paix pèsent moins lourd en termes de PIB que ceux du G7. En termes de population, c’est évidemment beaucoup moins que la quasi-universelle organisation des Nations unies. Celle qui est tellement critiquée par l’administration Trump qui a l’ambition de la remplacer. Pour la représentativité, on repassera, donc. Et pour l’efficacité, on verra.

Pour l’instant, le président américain annonce avoir recueilli 5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza. Les besoins sont évalués à 70 milliards. Le Hamas n’est pas désarmé. La force internationale de sécurité n’est pas constituée et Israël surveille sa composition avec beaucoup de soin. Et surtout, malgré les déclarations optimistes de Donald Trump sur le déroulement de son plan, la paix est encore loin. Depuis le début de la trêve en octobre, plus de 600 palestiniens ont été tués dans des opérations israéliennes à Gaza.

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