• Présidentielle: la candidature Retailleau réveille l'instinct «Primaire» chez LR
    Feb 21 2026

    Une semaine après l’annonce officielle de sa candidature à la présidentielle de 2027 le 12 février dernier, Bruno Retailleau n’a pas vraiment créé l’effet d’entraînement espéré. Au-delà d’un intérêt plutôt tiède dans l’opinion, son entrée en lice a surtout réveillé les tensions internes chez Les Républicains.

    Le timing est sans doute ce qui fait le plus débat. Le choix de se déclarer si tôt a surpris beaucoup de monde. « Pourquoi fait-il ça juste avant les municipales ? » : cette question a traversé l’esprit de pas mal d’élus et en premier lieu des maires LR. Au parti, les remontées ont fusé – et pas toujours en sa faveur. Plusieurs édiles reprochent au désormais « patron-candidat » de privilégier son destin personnel plutôt que la bataille locale. Son entourage le reconnaît d’ailleurs à demi-mot : on présente désormais les municipales du 15 et 22 mars 2026 comme « les plus dépolitisées de l’histoire ». Sous-entendu : on n’attend pas de miracle. Bruno Retailleau anticiperait-il des soirées électorales compliquées ? « On sait déjà qu’il n’y aura pas de vague bleue », glisse un cadre LR. Un élu qui planche sur son programme tempère : « Je ne pense pas que ça aurait été mieux après. Il fallait qu’il remonte à cheval. »

    Une famille politique qui ne se rue pas derrière lui

    Cette candidature a aussi rappelé à quel point Bruno Retailleau reste fragile dans son propre camp. Dans les jours qui ont suivi l’annonce, les soutiens publics n’ont pas afflué – loin de là. Chez les députés LR, seuls 4 sur 49 ont ouvertement dit « suivre le chef du parti ». Une méthode d’annonce qui a froissé. Le président des Républicains paie-t-il aussi la façon dont il a prévenu les élus ? Un texto envoyé quelques heures avant sa déclaration sur les réseaux sociaux, puis un pot le soir même… mais réservé à sa garde rapprochée. La pilule est passée de travers pour certains. Michel Barnier, l’ancien Premier ministre qui l’avait nommé place Beauvau, l’aurait notamment assez mal pris.

    Les rivaux demandent une primaire

    Et puis, il y a ceux qui ont répondu au texto… Laurent Wauquiez, son grand rival, l’a tout de suite renvoyé vers une primaire pour désigner le champion d’une droite allant de Gérald Darmanin à Sarah Knafo. D'autres poids lourds ont suivi dans la presse cette fois. Valérie Pécresse souhaite elle aussi une primaire rapide, allant d’Édouard Philippe aux LR. David Lisnard pousse pour une grande primaire ouverte à tous ceux qui se reconnaissent dans la droite et le centre.

    Pour le moment, la candidature Retailleau ne s’impose pas d’elle-même. Mais alors qui pour trancher ? Les adhérents LR, qui ont massivement élu le Vendéen à la tête du parti, vont bientôt devoir se prononcer sur le mode de désignation du candidat. Dans l’entourage du principal intéressé, on reste confiant : « Un nouveau plébiscite pour que ce soit lui reste probable ». La réponse définitive arrivera donc après les municipales. D’ici là, la droite reste plus divisée que jamais.

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  • Élections municipales françaises: le parti Renaissance menacé d'effacement
    Feb 14 2026

    Les élections municipales approchent à grands pas. Elles auront lieu dans un peu plus d’un mois maintenant. C’est donc le sprint final et pour cette échéance le bloc central est divisé entre des alliances avec Les Républicains dans certaines villes et pas d’alliance dans d’autres, ces choix stratégiques paraissent illisibles et mettent les équipes de campagne dans l’embarras.

    Alors que certains voient dans ce scrutin une étape vers la présidentielle, Renaissance assume de ne pas afficher d’objectifs ambitieux pour cacher un manque de préparation ou de candidats.

    On tente donc de donner une forme à ce qui n’en a pas. Le parti martèle sa ligne « humilité » et « pragmatisme » selon les mots des cadres du parti. Une façon de dispenser un storytelling positif sur un scrutin épineux. « Nous sommes humbles et collectifs, ça ne sert à rien de diviser le bloc central » confiait à RFI un cadre du parti.

    Renaissance engage peu de têtes de liste dans les grandes villes

    Si l’on prend le casting des candidats, Renaissance ne compte que deux têtes de liste dans les dix premières villes de France. Violette Spillebout à Lille, députée du parti macroniste où elle était déjà candidate il y a cinq ans qui est en position d’outsider. Et Thomas Cazenave à Bordeaux, qui a finalement noué une alliance avec la présidente du parti Radical Nathalie Delattre, à la suite du décès de l’ancien maire LR de la ville. Ailleurs, le parti soutient des personnalités issues du parti Horizons ou sans étiquette. Martine Vassal à Marseille, Jean-Luc Moudenc à Toulouse ou Christian Estrosi à Nice par exemple, Pierre-Yves Bournazel à Paris… Des élus qui ont quitté la droite sans jamais officialiser leur appartenance à la macronie. Le bilan peut sembler modeste, voire inquiétant, pour un parti au pouvoir depuis près de dix ans.

    Plutôt que la conquête des villes, la direction du parti préfère donc mettre en avant celle des conseillers municipaux. Objectif affiché : s'implanter le plus possible au niveau local en doublant les 2 500 conseillers municipaux revendiqués aujourd’hui.

    Un parti amorphe qui aura du mal à survivre à Emmanuel Macron ?

    Ce scrutin révèle en fait un parti amorphe qui aura du mal à survivre à Emmanuel Macron car à l'impréparation s'ajoute le manque d'intérêt de la direction du parti pour ces municipales. Certes Gabriel Attal n'en a pris la direction que récemment mais le scrutin n'a jamais été érigé en priorité car difficile à remporter. La raison ? Un problème d'implantation locale notamment. Chacun le sait, Renaissance est un parti conçu pour exercer le pouvoir national et non pas local. Et alors que la présidentielle de 2027 approche, le macronisme menace de disparaître.

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  • Édouard Philippe à quitte ou double au Havre
    Feb 7 2026

    Édouard Philippe a lancé il y a quelques jours sa campagne municipale au Havre. L'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron brigue un nouveau mandat de maire avant de se lancer dans l'aventure présidentielle. Il prend donc un risque car un échec remettrait tout en cause.

    Pour Édouard Philippe, concourir aux élections municipales, c'est jouer son avenir à quitte ou double. S'il échouait à se faire élire pour la troisième fois au Havre, il ne serait pas, comme il l'a dit lui-même, « en bonne position pour convaincre les Français ». En revanche, s'il gagnait une nouvelle fois, il pourrait espérer engager une dynamique qui lui servirait pour la campagne d'après, celle à laquelle il pense depuis son départ de Matignon : la présidentielle.

    Édouard Philippe prend donc un risque en liant son sort national à sa réussite locale. En 2020, il avait été réélu dans un fauteuil. Mais le contexte était bien différent, en pleine épidémie de Covid-19. Cela avait profité à celui qui était alors Premier ministre d'Emmanuel Macron. Cette année, les choses n’ont rien à voir. Son principal adversaire, le même qu'en 2020, le communiste Jean-Paul Lecoq, a rallié derrière lui les principales forces de gauche, hors LFI, et le candidat UDR-RN, Franck Keller, compte bien bénéficier du souffle électoral du parti de Marine Le Pen. Édouard Philippe va donc devoir mouiller la chemise pour aller chercher la victoire.

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    Comment va-t-il mener sa campagne ?

    Il joue la carte du Havre, rien que du Havre. Comme dans une sorte d'amnésie temporaire, Édouard Philippe ne veut pour le moment s'adresser qu'aux Havrais. Il l'a dit et redit en lançant sa campagne, évoquant même les « boules puantes » de ceux qui voudraient l'entrainer sur le terrain glissant de la politique nationale. Ses adversaires ne cessent en effet de rappeler qu'il court « deux lièvres à la fois », la mairie et la présidence, et en font un argument de campagne contre lui. Édouard Philippe a bien senti le danger et ne veut pas être pris en flagrant délit de mélange des genres. Son objectif : valoriser son bilan au Havre, proposer un programme pour les prochaines années et mettre en place une équipe municipale qui prendra le relais s'il part voguer vers l'Élysée.

    Édouard Philippe est le seul candidat à la présidentielle qui se présente aux municipales ?

    Il prend un risque, mais calculé, car cela lui permet d'utiliser son action de maire comme un atout face à ses concurrents du bloc central. Notamment Gabriel Attal, l'autre ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron qui se prépare pour 2027 et regarde avec attention la chute du maire du Havre dans les sondages depuis quelques mois. Une chute qu'Édouard Philippe espère certainement endiguer grâce à une victoire à l'élection municipale.

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  • Jean-Luc Mélenchon joue l'international dans sa pré-campagne
    Jan 31 2026

    Après une campagne présidentielle 2022 cannibalisée par la guerre en Ukraine, le scrutin de 2027 pourrait de nouveau être percuté par les sujets internationaux. Alors les candidats se préparent déjà, à l'image de Jean-Luc Mélenchon. Même s'il n'a pas encore officiellement annoncé sa candidature, le leader insoumis fait de son programme diplomatique un axe majeur de sa stratégie présidentielle.

    « Il faut que l'on soit prêts sur les dossiers internationaux, car l'on va être attaqués dessus comme en 2017 et 2022 », avertit Jean-Luc Mélenchon. Mais être prêt pour le leader de la gauche radicale, ça ne veut pas dire faire des concessions ou lisser son discours, loin de là. Mercredi, pendant près de deux heures d'une conférence filmée à l'adresse des militants insoumis, le triple et peut être bientôt quadruple candidat à la présidentielle a, au contraire, présenté à ses supporters une feuille de route idéologique complétée d’arguments prêts à l’emploi. Avec un mot d'ordre que Jean-Luc Mélenchon défend depuis longtemps : la France doit être non alignée dans le concert des nations.

    Adaptation à la situation du moment

    La doctrine mélenchoniste consistant à s’éloigner de l’influence américaine pour mieux nouer des relations privilégiées avec l’Inde, le Brésil, la Chine et même la Russie est évidemment plus facile à défendre avec l’effroi que suscite Donald Trump en Europe. Le « néo-suprémacisme » du président américain ne vaut pas mieux que les régimes autoritaires de Moscou ou Pékin pour Jean-Luc Mélenchon. Autant donc travailler avec tout le monde car, selon le leader insoumis, la domination économique des États-Unis touche à sa fin.

    Un rapprochement avec la Russie ?

    Une vision qui amène Jean Luc Mélenchon à défendre par exemple le rétablissement du gazoduc NordStream, le principal canal d'approvisionnement depuis la Russie. Et donc « de réintégrer la Russie dans le concert européen », sous la condition d’une fin négociée de la guerre en Ukraine. « Notre vision de l’Europe va de l’Atlantique à l’Oural », défend Jean-Luc Mélenchon en citant le général de Gaulle, pourtant pas vraiment sa tasse de thé politique, mais une référence concernant l’autonomie de la France. « La multiplication actuelle des crises est une opportunité pour changer les règles du jeu », explique Jean-Luc Mélenchon. Selon lui, l’Alliance atlantique a vécu et l’Union européenne telle qu’elle fonctionne « a prouvé ses limites ». « Quand tout le monde a peur de la guerre », poursuit l’ancien ministre, « les gens réfléchissent et se positionnent. Le non-alignement, je pense que ça peut convaincre ».

    L'international, axe clé de la présidentielle 2027 ?

    Jean-Luc Mélenchon estime qu'il a des points à prendre face à des adversaires qu'il juge « pas au niveau » sur la diplomatie, la géopolitique. Il pointe les hésitations du Rassemblement national concernant Donald Trump, les postures d’un Gabriel Attal affirmant que seule la force prime. Quant au reste de la gauche, « ça ne les intéresse pas », juge l’Insoumis, sauf bien sûr celui qu'il voit comme un potentiel rival lors de la présidentielle, Raphaël Glucksmann. L'eurodéputé social-démocrate a vertement critiqué jeudi les prises de position de Jean-Luc Mélenchon sur la Russie, rebaptisant son mouvement politique « La France Soumise » à Vladimir Poutine.

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  • Le futur budget Lecornu fragilise Les Républicains et leur ligne pro-business
    Jan 24 2026

    Ca commence à devenir une habitude dans le parti. Chaque moment décisif est l'occasion d'afficher division et de troubler l'électorat. Nouvel exemple cette semaine avec le dénouement du budget Lecornu.

    En cette fin de semaine, au sein du parti Les Républicains, on veut voir un signe positif dans l'actualité parlementaire. Mercredi soir, à la surprise générale, le Sénat a fait capoter la proposition de loi sur la fin de vie. Grâce notamment au vote décisif de plusieurs élus LR, l'article clé créant une « assistance médicale à mourir » a été rejeté (144 voix contre, 123 pour). Au parti, et particulièrement dans l'entourage de Bruno Retailleau, on vit ce revers comme un soulagement majeur. « Cela rend caduques les attaques du début de semaine, quand on nous accusait de n’être ni libéraux ni conservateurs », glisse-t-on en interne. Le versant conservateur de la ligne LR semble ainsi préservé, en revanche, pour le volet libéral et pro-économique, l’équation est beaucoup plus compliquée.

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    LR ne repondra pas au 49.3 par la censure

    Le budget Lecornu est qualifié en interne de « mauvais », voire de « très mauvais » – à commencer par Bruno Retailleau lui-même, passablement agacé par les nombreuses concessions accordées aux socialistes.Parmi les points noirs : les hausses d’impôts sur les grandes entreprises inscrites dans le projet de loi de finances, cumulées à la suspension de la réforme des retraites dans le budget de la Sécurité sociale. « Les socialistes ont marqué un point, c’est clair », reconnaît-on à LR, où l’on peine à assumer cette entorse à la ligne historique du parti, traditionnellement favorable aux milieux économiques. Mais en réalité, personne ne veut endosser la responsabilité du chaos qu’aurait provoqué une censure. « Personne ne veut assumer le chaos », souffle un proche de Bruno Retailleau, pour qui le vrai rendez-vous reste la présidentielle de 2027.D’autant que la direction du parti n’a de toute façon pas la main sur les députés LR, dirigés par Laurent Wauquiez. Nouvelle illustration cette semaine : le patron des députés n’a critiqué le budget qu’à moitié, y voyant même certaines « victoires », notamment sur le dossier des retraités.

    LR prié de censurer

    Des réseaux proches du RN et de l’UDR (dirigée par l’ancien patron LR Éric Ciotti) ont lancé pétitions et raids en ligne pour pousser les députés de droite à faire tomber le gouvernement – et surtout pour affaiblir LR. Pire encore pour le parti : l’un de ses membres les plus libéraux, David Lisnard (maire de Cannes et prétendant déclaré à l’investiture pour 2027), est allé plaider publiquement pour la censure. Il a même appelé Bruno Retailleau à se montrer un « vrai chef ». « Tout ça n’est pas bon pour nous », concède un cadre LR très au fait de la cuisine interne. Au sein de la formation de droite, on se raccroche toutefois à un contexte où un événement en chasse un autre. Le prochain rendez-vous est déjà là : les élections municipales de mars, où Les Républicains jouent gros. Elles permettront de jauger concrètement les conséquences de ces séquences politiques pas toujours faciles à gérer.

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  • Mercosur: le Parlement européen, dernier espoir pour les opposants au traité ?
    Jan 17 2026

    Malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France, le controversé accord commercial entre l’Union européenne et Mercosur doit être signé ce samedi au Paraguay, en présence de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Pour autant, « la messe n’est pas dite » estime le gouvernement français. Et les regards se tournent vers le Parlement.

    Les opposants au Mercosur n’ont pas dit leur dernier mot. Certes, le traité de libre-échange doit être signé ce samedi 17 janvier au Paraguay. Mais il peut encore être bloqué par les députés au niveau du Parlement européen.

    Deux évènements sont à surveiller. La semaine prochaine, d’abord. Le jeudi, les 720 députés européens vont dire s’ils veulent ou non saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur le Mercosur, pour qu'elle examine la compatibilité de l'accord avec les traités européens. Si une majorité d’élus dit oui, l’accord devrait être suspendu pendant quelques semaines, voire quelques mois.

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    Autre étape : en avril, mai ou juin, la date n’est pas encore connue, les députés européens seront appelés à voter, cette fois, pour ratifier le traité. En cas de rejet, ce serait terminé pour l’accord avec le Mercosur.

    Une majorité en faveur du Mercosur loin d’être assurée ?

    Un scénario incertain, c’est vrai. Mais la classe politique française, et notamment le gouvernement français, pense qu’il y a matière à espérer. Le Premier ministre a appelé cette semaine les responsables politiques « à prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre l’ensemble des sensibilités politiques au Parlement européen ». « Ce vote peut se jouer à 15 ou 20 voix », affirme même Sébastien Lecornu.

    Et du côté des députés européens français, on se montre aussi combatif. Une élue proche du camp d’Emmanuel Macron tient à peu près le même discours que le Premier ministre. « Les jeux ne sont pas faits, explique-t-elle, car il y a des divisions très fortes. » « La majorité en faveur du Mercosur est loin d’être assurée », abonde un autre député de Strasbourg, étiqueté écologiste. Lui compte sur des élus italiens ou espagnols, par exemple, pour voter contre le Mercosur, en contradiction avec leur gouvernement respectif.

    Enfin, il y a cette eurodéputée française d’extrême droite qui, elle aussi, croit au rejet du traité. Elle espère que certains de ses collègues vont réaliser « la pression que cet accord met sur le monde agricole ».

    Un monde agricole qui, en retour, joue aussi la carte de la pression. Le syndicat agricole FNSEA appelle à manifester mardi prochain à Strasbourg, où se trouve le siège du Parlement européen.

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  • Présidentielle 2027: les candidats à la recherche d'une stature internationale
    Jan 10 2026

    De la guerre en Ukraine à l'opération militaire américaine au Venezuela, en passant par les droits de douane, les crises du monde impactent de plus en plus la France et alimentent le débat politique. À tel point qu'en 2027, l'un des enjeux pour les candidats à la présidentielle sera de convaincre les Français qu'ils sont crédibles pour préserver leurs intérêts dans un monde brutal et dangereux.

    On avait l'habitude de dire que les questions internationales avaient peu d'influence sur le vote des Français à la présidentielle mais ça, c'était avant. En 2022 déjà, l'invasion russe en Ukraine avait cannibalisé la campagne et permis à Emmanuel Macron d'être réélu en se positionnant au-dessus de la mêlée, en chef de guerre. En 2027, Emmanuel Macron ne peut pas se représenter mais ceux qui ambitionnent de lui succéder à l'Élysée vont devoir prouver qu'ils ont la carrure pour jouer dans la cour des grands, entre Donald Trump et Vladimir Poutine, deux ogres aux visées impérialistes qui ne fonctionnent qu'au rapport de force.

    Les candidats se préparent

    On l'a encore vu récemment dans l'affaire vénézuélienne, tous ceux qui rêvent de l'Élysée ont très vite pris position. À commencer par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen qui ont condamné l'intervention militaire américaine, chacun à sa manière bien sûr. Le leader insoumis s'est insurgé contre « l'agression de Trump contre le Venezuela » préemptant le leadership de l'anti-trumpisme. La cheffe des députés RN a, elle, pris ses distances avec le président américain en déclarant que « la souveraineté des États n'est jamais négociable », consciente de l'effet désormais contreproductif de son ancienne proximité avec Donald Trump. François Hollande et Dominique de Villepin, qui ont eux exercé le pouvoir, en ont aussi profité pour se rappeler au souvenir des Français, du haut de leur expérience des affaires internationales.

    Les « carnivores » et les « herbivores »

    Dans le camp présidentiel, Gabriel Attal et Édouard Philippe ont choisi le créneau de la realpolitik. Ils ont mis en avant la nécessité de redevenir puissant pour peser, plutôt que la condamnation des méthodes de Donald Trump. C'est Gabriel Attal qui a dégainé le plus vite en affichant son pragmatisme sur la réalité du monde « régi par la force » face à ceux qui se contentent de s'indigner. Avec un temps de retard, Édouard Philippe s'est aussi étonné « des cris d'orfraie sur le droit international » et inquiété de voir l'Europe en être réduite aux « commentaires ». Tous les deux se sont réjouis du départ du président Maduro, qualifié de dictateur. Des positions au final assez proches et dans la ligne d'Emmanuel Macron pour lequel, dans le monde il y a les « carnivores » et les « herbivores ». Attal comme Philippe espèrent être celui qui peut manger les autres.

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  • Jean-Luc Mélenchon déjà en campagne présidentielle
    Jan 3 2026

    Après avoir longtemps fait l'impasse sur les élections municipales, La France insoumise (LFI) a décidé de miser davantage sur le scrutin, organisé les 15 et 22 mars prochains. Objectif, faire élire le maximum de conseillers municipaux voire prendre des villes à ses rivaux de gauche. Mais le mouvement reste organisé autour de son scrutin de prédilection, l'élection présidentielle. Sans se déclarer officiellement pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon a déjà posé les bases de sa quatrième candidature.

    Une tournée internationale aux États-Unis, au Canada, en Italie et en Espagne pour présenter son nouveau livre, puis un meeting par mois à l'automne dans des villes moyennes « pour aller à la rencontre de zones moins connues », explique une conseillère, Jean-Luc Mélenchon n'a pas chômé durant son année 2025. Une montée en puissance en douceur pour le leader insoumis, qui fêtera cette année ses 75 ans. Jean-Luc Mélenchon s'est approprié depuis 2022 l'image de la tortue, qui avance à son rythme mais décidée vers l'objectif rêvé, entrer à l'Élysée dans 15 mois.

    Le retour de la « tortue sagace »

    C'est sa stratégie habituelle à l'approche du scrutin suprême : jouer l'apaisement après trois années de bruit et de fureur, bref, une mue de la tortue qui agace vers la tortue sagace. Illustration avec son audition devant la commission d'enquête sur l'entrisme islamiste dans les partis politiques le 6 décembre dernier. L'insoumis a habilement évité les emportements face à des députés bien décidés à le faire sortir de ses gonds. Et il a profité de cette tribune pour donner une leçon sur la laïcité, sujet sur lequel son mouvement fait l'objet d'attaques répétées depuis des années.

    Un leadership renforcé

    S'il s'est approprié l'expression « Le Vieux » dont l'affuble affectueusement les jeunes troupes de la FI, Jean-Luc Mélenchon veille jalousement à ne pas apparaître obsolète. Il continue d'entretenir son image de politique connecté à grands renforts d'interviews sur les plateformes en ligne, ou en consacrant l'une de ses dernières conférences à la conquête de l'espace. Il a également veillé à ne pas laisser émerger de concurrence en interne, purgeant certains ambitieux comme le député François Ruffin en 2024 et s'entourant de fidèles.

    Des fidèles en bouclier

    Jean-Luc Mélenchon s'expose moins, notamment médiatiquement, depuis quelques mois, laissant à ses lieutenants la charge de gérer les polémiques que les Insoumis déclenchent en rafales pour faire émerger dans les débats leurs sujets de prédilection. Telle une légion romaine, en formation tortue bien sûr, les troupes de LFI veillent à épargner leur chef avant la véritable entrée en campagne. Jusqu'à parfois friser l'hypocrisie, à l'image de ce très proche qui affirme que « Jean-Luc Mélenchon a toujours la velléité d'être remplacé et qu'il n'est pas encore notre candidat ». Tout en martelant qu'il est à la fois « excellent et le mieux placé » et qu'évidemment il le soutient « à titre personnel ».

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