• UA: le refus d'avaliser «le blanchiment des putschs militaires», une proclamation ou un tournant?
    Feb 21 2026

    C’était, le samedi 14 février dernier, oints du suffrage universel, pour leur première participation à la grande messe continentale, Doumbouya et Oligui s’attendaient à un accueil d’académiciens, ils ont été mis au pilori. Un bizutage en bonne et due forme.

    Joâo Lourenço, l’Angolais et président sortant de l’Union, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Ancien militaire, régulièrement venu à la politique par une élection démocratique, qui mieux que lui pour réciter aux nouveaux convertis, l’égrégore de la nouvelle fraternité qu’ils viennent d’intégrer.

    Cependant, à bien considérer, le discours totémique s’adressait sans doute à d’autres, ceux qui pourraient être tentés, sachant qu’au bout et après des simulacres d’élections, ils pourraient intégrer le syndicat. Arracher le graal ! Aux audacieux, dit-on, la chance sourit, mais il ne faut jamais laisser longtemps l’échelle sur le mur, pour éviter de faire des émules. C’est le sens, me semble t-il de la rodomontade de João Lourenço, qui avec les autres chefs d’État africains, exprime une inquiétude face à ce qui est en train de s’installer comme un fléau. Les putschs militaires dont on ne sait plus comment se prémunir. Il est difficile de l’expliquer autrement, puisque l’Union africaine a observé les élections qui ont blanchi les putschs des nouveaux impétrants. Les rapports qu’elle en a faits sont préférablement accommodants, nonobstant les mentions du non-respect caractérisé des droits humains et des droits électoraux des Guinéens et des Gabonais. Les scrutins ont été validés, comme respectant les standards en la matière. Tacitement un certificat de conformité démocratique.

    Qu’est-ce qui a pu se passer entretemps ?

    Dans la grande cour africaine d’Addis-Abeba, la rodomontade est gratuite et l’action plutôt difficile. L’ancien président du Tchad, Idriss Déby Itno, l’avait rappelé, avec dérision : « Nous parlons toujours trop, (…) mais nous n’agissons pas assez et parfois pas du tout », c’était en janvier 2016, au 26e sommet de l’UA.

    Le président João Lourenço, président sortant de l’Union et le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf en se coordonnant avec des éléments de langage pour accueillir Doumbouya et Oligui n’innovent pas, mais rappellent ce qui est dans les textes. La mission fondamentale du Conseil de paix et sécurité, c’est justement de veiller à une « (…) tolérance, zéro pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels ».

    Qu’est-ce qui a sonné le réveil à ce 39e sommet ?

    On ne peut pas hélas parler de réveil ! Il n’y a pas eu de résolution contre les blanchiments démocratiques des coups d’État. Le Conseil de paix et sécurité n’ayant pas les moyens d’opérationnaliser sa « force prépositionnée ». Elle a même contribué, depuis 2023, à affaiblir la Cédéao, sa plus dynamique commission économique régionale, qui aurait pu lui servir de fer de lance. En refusant son soutien à l’action militaire de la Cédéao contre le putschiste Abdourahamane Tiani et surtout en s’empressant, au grand dam d’Abuja, de prendre acte du changement anticonstitutionnel survenu à Niamey, le Conseil de paix et sécurité avait manqué de flair et l’occasion inédite de faire un exemple.

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    Dès lors, il a refermé la porte sur le loup, déjà dans la bergerie. Le pire, c’est que le loup n’est pas seul. Il y est avec un allié qui a un plan, déjà prêt, « la confédération de l’Indépendance » avec des juntes russo-africaines qui devraient remplacer partout, ces « mauvaises démocraties », animées par les valets locaux de l’impérialisme occidental, comme a pu le révéler, dans une de ses enquêtes, Forbidden Stories.

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  • France-Tchad: rupture bruyante, réconciliation subreptice!
    Feb 14 2026

    Vous revenez dans votre chronique de ce jour sur le dernier épisode des relations franco-tchadiennes. Rupture bruyante et réconciliation subreptice. Commençons par ce qui avait pu fâcher Mahamat Deby Itno.

    Quelques faits vexants, sans doute un opportun prétexte de se délier d'un devoir de reconnaissance. En ordonnant ce qui a pu fâcher, on peut classer l'affaire des costumes en deuxième position. À titre personnel, Mahamat Déby Itno a pu ne pas apprécier les poursuites du parquet financier national français pour 900 000 malheureux euros de costumes. À ce niveau de responsabilité, on ne mégote pas en général. En second, il a pu être vexé par les prises à partie de la France sur le dossier soudanais : le Tchad souverain s'allie en fonction de ses intérêts. Les Émirats arabes unis et le général Hemedti qui font l'affaire de Déby à défaut de celle du Tchad. Puis probablement le manque d'enthousiasme manifesté par Paris pour son élection. Il y a donc des raisons légitimes de colère, mais de là à renverser la calebasse, on est dubitatif !

    Et peut-être que toutes ces raisons ont servi de prétexte ?

    Davantage le contexte. La France, devenue radioactive pour certaines opinions africaines, lui devoir son strapontin est une faute. Or Mahamat Déby Itno a beaucoup de qualités, sûrement, mais il aurait eu un grand mal à succéder à son valeureux maréchal de père sans l'adoubement de la France. Les avions militaires français, en anéantissant, (ou survolant, disent certains), la colonne rebelle responsable de la mort du maréchal Déby Itno, ont enrayé sa progression, permettant un climat serein nécessaire pour fignoler une succession extra-constitutionnelle problématique. Ce n'était pas acquis d'avance dans une Afrique vent debout contre les coups d'État constitutionnels que le putsch bricolé du fils Déby Itno passe comme lettre à la poste, coup de pouce militaire et soutien assumé d'Emmanuel Macron auront été nécessaires pour imposer la succession dynastique.

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    Prendre le pouvoir dans ces conditions, cela fragilise forcément !

    Absolument ! Dans une « panafricanie » qui a la France comme cible unique, le jeune Déby Itno, pour se réhabiliter, avait besoin d'un vrai coup d'éclat, une sorte de bravade à la mesure de l'opprobre. Quoi de mieux que de sectionner la branche qui portait le régime dont il est l’héritier ? Avec les accords militaires, la France et ses avions avaient permis une longévité exceptionnelle du régime d'Idriss Déby Itno, soit en bombardant les colonnes des rebelles quand elles menaçaient trop Ndjamena ou en fournissant le bon renseignement en rompant ses accords militaires. Mahamat Déby Itno avait consenti le sacrifice expiatoire approprié. Il s'est acheté un répit avec les néo-panafricains. Sauf qu'au Tchad, la menace existentielle, ce sont les rébellions armées et le savoir-faire français pour les contrer n'a pas encore d'équivalent.

    C'est donc une réconciliation dictée par la realpolitik ?

    Parfaitement ! Comme à chaque fois qu'il est menacé, le pouvoir tchadien sollicite le secours de la France. Ngarta Tombalbaye, premier président du Tchad, a été le premier à le faire en 1969, quand, dans des circonstances semblables à celles de Déby, fils fâché avec la France, dans l'ambiance de « l'authenticité » à la Mobutu. Il change de prénom et de François, il devient Ngarta et débaptise la capitale tchadienne, Fort-Lamy, qui devient Ndjamena. Mais menacés par les rebelles, il ravale sa fierté et demande le secours de la France. Sauf que la France protège le président tchadien des rebelles, mais des fragilités de leur propre gouvernance. Fera-t-elle exception cette fois en perte de vitesse dans son ancien pré carré africain ? Elle n'a plus vraiment le luxe de se choisir ses partenaires idéaux. Elle pourrait donc fermer les yeux sur les droits humains, ce que craint l'opposition tchadienne. Elle redoute surtout que Succès Masra, l'opposant principal au régime en prison depuis août 2025, ne fasse les frais de ce qu'elle considère comme un « basculement vers une diplomatie transactionnelle ».

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  • États-Unis : le rapprochement Jeff Bezos - Donald Trump impacte le Washington Post
    Feb 7 2026

    Le Washington Post, 76 fois prix Pulitzer, traverse une situation difficile. Le 4 février, la direction du journal décide un licenciement massif. Une conséquence du rapprochement de Jeff Bezos avec Donald Trump !

    Officiellement, c’est une restructuration. Une mise à jour, d’une structure « trop ancrée dans une autre époque », a justifié Matt Murray, directeur exécutif du journal. Mais le coup est si massue, que certains craignent qu’il n’engage le pronostic vital du journal.

    Près de 300 licenciements annoncés sur un effectif de 800. Un remède de cheval pour un « update » structurel, si inhabituel que le syndicat du journal a qualifié cette opération d’« un cas d’école (…) de l’autodestruction d’une marque ».

    Le Washington Post, devenu la propriété du milliardaire Jeff Bezos en 2013, se portait relativement bien, jusqu’à la dernière présidentielle américaine. Donald Trump, réélu, attire les milliardaires de la tech. Jeff Bezos, qui avait déjà amorcé un rapprochement en faisant faire une entorse à la tradition du journal à l’occasion des présidentielles américaines, le rejoint et c’est le début des problèmes du prestigieux journal. Ashley Parker, une ancienne plume du journal, parle d’un « meurtre du Washington Post ».

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    Jeff Bezos, en se rapprochant de Donald Trump, a mis en danger le Washington Post

    La bascule, c’est la présidentielle de 2024, quand Jeff Bezos, sentant le vent tourner, a interdit au journal de prendre parti pour Kamala Harris. Rompant ainsi une tradition instituée en faveur des candidats démocrates. Ce choix du nouveau propriétaire a coûté au journal plus de 250 000 abonnés. Ces derniers considérant que Jeff Bezos avait, ce faisant, « trahit les valeurs qu’il était censé défendre ». Le journal perd des électeurs, perd de l’argent. 85 millions d’euros de pertes, en 2024. Une broutille, rapportée à la fortune personnelle de Bezos, qui est estimée à 207 milliards d’euros, et à la libéralité dont il est capable quand il s’agit des Trump. Amazon, dont il est propriétaire, ne peut pas financer le petit film de propagande de Melania Trump, pour 64 millions d’euros, et pour seulement 85 millions d’euros, Bezos met à sac un monument comme le Washington Post.

    En basculant MAGA, Jeff Bezos a compromis la ligne éditoriale du journal, entrainant le départ de certains journalistes, parmi les meilleurs, tous outrés « des efforts écœurants (…) », disent-ils pour « s’attirer les faveurs de Donald Trump (…) ».

    Ce qui interroge sur les chances de succès du plan en cours. Le Post Guild, le syndicat du journal, est pour le moins très sceptique, rappelant qu’on « ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir ».

    In fine, ce qui arrive au Washington Post interroge sur le sort des médias et des journalistes sous Trump !

    La presse, et dans une moindre mesure, les universités sont les ennemis de Donald Trump. Depuis son investiture, en janvier 2025, il mène à la presse une véritable guerre. Tous les moyens ont été utilisés. Poursuites judiciaires, ruineuses pour les médias, fermetures de médias, l’exemple de la Voix de l’Amérique, financée par l’État, et les prises à partie de journalistes. Mais ce n’est pas tout. L’administration Trump multiplie les entraves. Restriction d’accès aux lieux clés du gouvernement (Maison Blanche et tribunaux pour les affaires des immigrés). Et restriction de visa pour les journalistes étrangers. Donald Trump se comporte comme les dictatures militaires en Afrique.

    Associated Press interdit à la Maison Blanche, pour une simple question sémantique. Refus de se conformer à la nouvelle appellation du « golfe du Mexique ». C’est inédit et c’est bien illustré par le classement mondial des États-Unis de Reporters sans frontières. 57e sur 180 pays, en 2025. Mais est-ce quelque chose qui parle à Trump ?

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  • Que vaut encore l’asile politique en Afrique?
    Jan 31 2026

    Il y a une dizaine de jours, le Togo extradait, vers le Burkina, Paul Henri Sandaogo Damiba, ancien président qui avait trouvé asile politique à Lomé. Extradition ou livraison ?

    Damiba au Togo, n’a jamais rassuré Ibrahim Traoré. Ainsi, son nom va se retrouver, cité dans les projets incessants et intempestifs de coup d’État par une junte atrabilaire qui a vite fait de l’extradition de Damiba, son assurance survie. La Cédéao, devenue entretemps indigente avec la création de l’AES a perdu de son influence dans les affaires de la région. Or, Damiba avait trouvé l’asile au Togo, en parti, grâce à ses bons offices, quand la médiation des sages Burkinabè, entre autre, le cardinal Philippe Ouédraogo et le Moro Naaba, chef suprême des mossis de Ouagadougou l’avait convaincu de démissionner. Une démission à sept conditions que les sages échouerons à faire respecter par son tombeur qui s’y était engagé. Damiba en gardera une amertume qu’il exprimera, à chaque fois que ses hôtes le lui ont permis, à l’occasion de rares interviews à la presse internationale. Avec l’AES et la posture sous régionale équivoque de Faure Gnassingbé, Damiba aurait demandé, sans succès, à quitter le Togo.

    Dès lors, il était plus otage qu’un exilé politique. C’est cet otage qui a été livré, à ses pires ennemis, le 17 janvier 2026. S’il s’était s’agi d’une extradition, elle n’aurait pas pu être aussi supersonique. À moins d’être téléphonée, une décision de justice ne peut se conclure par un décret, le même jour et être exécuté le lendemain, un jour non ouvré, de surcroit. C’est inédit dans les annales de l’asile politique en Afrique. Le précédent, Charles Taylor, du Liberia, en 2006, par le Nigeria, était survenu, après de longs palabres « à l’africaine » alors qu’il était poursuivi, pour crime contre l’humanité. Dans le cas présent, le Togo a réglé, le sort de Damiba en 48 heures chrono. Une coordination, inhabituellement millimétrée, entre le judiciaire et l’exécutif.

    Il vaut mieux éviter Lomé, si l’on postule pour une asile politique en Afrique

    C’est le moins qu’on puisse dire. Avant Damiba, il y a eu, Lida Kouassi Moïse, en juin 2012, ex-ministre ivoirien de la Défense. Lomé l’avait extradé, avec une diligence « pro-max ». Arrêté et extradé le même jour, avec un épais dossier à charge, à la grande satisfaction - surprise, du ministre ivoirien de l’Intérieur de l’époque, Hamed Bakayoko qui n’en attendait pas tant. Lomé est très risquée pour les demandeurs d’asile, peu importe votre statut et qui vous parraine.

    Le seul privilège de Damiba, c’est d’avoir bénéficié d’un jour de plus, avant l’expulsion. Vendredi, décision de justice suivie de la prise du décret d’expulsion. Samedi livraison, sans avoir eu le droit d’exercer un quelconque recours, illustrant en miroir le sort du togolais lambda devant les juridictions togolaises. Le Togo, vaines précautions, dit s’être assuré que celui qu’il livrait en express ne risque pas la peine de mort et qu’il allait bénéficier « d’une justice équitable ».

    Dans ce Burkina Faso, où les militaires de la garde présidentielle peuvent encercler une juridiction pour soustraire la petite amie du chef de la junte auditionnée pour violence exercée sur autrui. Pareillement, quand des juges sont enlevés et envoyés au Front, pour cause d’une décision qui a déplu à IB, quel gage de justice équitable un tel régime, peut-il offrir ?

    Enfin, c’est pas inutile de le rappeler, au Burkina une accusation de tentative de putsch, emporte une présomption de culpabilité qui exclut le droit à l’assistance d’un avocat. Quand bien même, par une faveur on l’autoriserait, trouver un avocat est mission impossible. Le dernier qui s’y risqué, dans une affaire contre l’État, a été enlevé tout comme son client et les juges qui ont connu du dossier. Tous disparus ! Dans les bagnes de Ouaga 2000.

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  • CAN 2025 : Brahim Diaz et le qui perd gagne !
    Jan 24 2026

    Le Football, avec la finale de la CAN marocaine, qui a provoqué des frayeurs et la politique, avec le conseil de la paix de Trump installé à Davos, le 22 janvier dernier, constituent les sujets de cette chronique. Commençons par la CAN et ce penalty qui aurait pu tout gâcher !

    La panenka ratée de Brahim Diaz, qu’elle soit volontaire ou pas, a évité au Maroc, pour le moins, une victoire à la Pyrrhus et à cette belle CAN de finir en cacahuète. L’honneur est sauf pour tout le monde. Il restera arbitrage. Équivoque, pour les supporters au sud du Sahara. Pas du tout, pour les experts du Foot, comme Joseph Antoine Bell. À contrario, il y a une unanimité sur la qualité de l’organisation du Maroc. Les stades étaient de bonne qualité.

    Ce qui va rester au final, c’est l’attitude qui fut celle de Sadio Mané. C’était un grand joueur, les incidents de la finale ont révélé un grand homme. Le Sénégal lui doit plus qu’une deuxième étoile. Il a incarné, le Sénégalais. Non pas une posture, mais une altérité. Léopold Sédar Senghor l’aurait appelé « Le lion téméraire » « celui qui ne pourra jamais avoir honte ».

    Gageons à présent, que les représentants africains à la Coupe du monde fassent mieux que leurs précédentes participations, pour venger, les refus de visa américains à la plupart des supporteurs africains.

    À présent, le «Conseil de la paix» installé à Davos. Donald Trump tient son conseil de sécurité, alternatif.

    Un conseil de sécurité à un milliard, le siège permanent. C’est une ONU censitaire. N’y siègent que les alliés, disons les obligés qui comptent. Gaza devrait lui servir de laboratoire, pour expérimenter une instance internationale alternative à l’ONU et un embryon d’un gouvernement mondial, pour pacifier les régions du monde en crise. Donald Trump, le président à vie, de la nouvelle institution, impose les termes de la paix et si besoin, par la force. En douze mois, il se vante d’avoir réglé huit guerres, dont on cherche lesquelles ?

    Gaza, le laboratoire de son Conseil de la Paix, connaît une paix factice. La guerre n’y a pas pris « fin immédiatement », comme le stipulait, l’accord de paix, une fois signé par les deux protagonistes. Une paix factice, mais suffisante, pour enclencher le business de la reconstruction et des alliés milliardaires peu importe leur moralité. La qualité de la vingtaine des premiers formellement ralliés, en dit long. La Russie dit étudier la proposition. Les Européens, qui se réveillent, observent. La France, le Royaume-Uni, la Norvège et l’Ukraine ont dit non. Des cinq membres du Conseil de sécurité avec droit de véto, seuls les États-Unis sont membres « of course ! ».

    Qu’en est-il de l’Afrique ?

    La grande oubliée de l’aventure. Le Maroc et l'Égypte sont les heureux élus, mais pas en vertu de leur qualité de membres éminents du continent africain.Les pays qui comptent en Afrique, ne semblent pas compter aux yeux du président américain. L’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Éthiopie et la Côte d’Ivoire, pour l’Afrique francophone, aucun ne semble réunir la condition suffisante pour être membre de son Conseil.

    L’affaiblissement de l’ONU orchestré par Donald Trump, même s’il s’en défend, a comme premier effet collatéral, l’aggravation du décrochage de l’Afrique. Ceux des Africains qui étaient à fond dans l’ONU bashing, ont eu en Donald Trump, un allié inattendu, à leur détriment. Ils scient du coup, la branche sur laquelle, ils étaient assis. L’ONU, son assemblée générale annuelle, c’est la seule tribune internationale, où la voix des Africains résonnait disproportionnellement à leur poids dans le concert des nations. Et puis, et ce n'est pas rien, la participation aux assemblées générales de l’ONU, échappent pour l’instant aux « travel ban » !

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  • Instant de CAN : l’édition marocaine s’achève avec un derby des Lions !
    Jan 17 2026

    On va assister à une finale rugissante ! Lions de l’Atlas contre Lions de la Teranga. L’épilogue de la Coupe africaine des nations, la 35e édition. En attendant de voir si les Marocains vont marcher dans les pas des Ivoiriens, en remportant la CAN qu’ils ont organisé, cette édition est un bon millésime, de l’avis des fans du foot africain.

    Mais les regards sont déjà tournés vers les États-Unis. Les supporteurs des Eléphants et des Lions de la Teranga n’auront pas le droit aux gradins des stades états-uniens. Trump en a ainsi décidé ! Une discrimination aux allures de stigmatisation. Trump et l’Afrique ça ne s’arrange vraiment pas. Pourtant, en s’impliquant pour ramener la paix en RDC et en faisant la croisade pour les chrétiens du Nigeria, il donnait l’impression d’une contrition. D’un regret d’avoir traité l’Afrique de « Shithole countries », pays de merde. Finalement non ! La merde ne l’incommode pas tant que ça, quand il s’agit du pétrole du Nigeria et des immenses minerais du sous-sol congolais.

    Sur les terres de Lucy, l’ancêtre de l’humanité, les moments de joie étant rare, enivrons-nous encore de cette belle édition marocaine. Cette finale est un beau derby des Afriques, comme l’avaient rêvé les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Avec le groupe de Casablanca, c’est sur les terres chérifiennes, que les progressistes africains avaient rêvé des États unis d’Afrique dès 1961.

    La décision de Trump de restreindre les visas pour les supporters met en lumière le déclassement politique de l’Afrique

    Cette grande Afrique, dont avaient rêvé, Mohammed V, Kwamé Nkrumah, Gamal Abdel Nasser, qui devrait aller de Rabat au Cap, en Afrique du Sud, est aujourd’hui bien mal en point. Elle peut, ainsi, être la risée de Trump et ses décrets compulsifs. Mais il serait bien inspiré de faire attention à la lame de fond qui sourdre dans cette Afrique qui doute mais qui est persuadée, plus que jamais, qu’elle est le continent de l’avenir. Bien entendu « un rêve ne devient pas réalité au travers de la magie, ça demande de la sueur, de la transpiration et de l’ardeur au travail », pour citer Colin Powell. Des défis qui ne font aucunement peur sur un continent où on sait ce que « la sueur du travail (…) le dos zébré par les rayons du soleil » veulent dire, tel que déclamé avec ardeur, par le poète sénégalais Birago Diop, dans Afrique mon Afrique.

    Pour ne pas nous éloigner du foot, dans le sillage de la CAN au Maroc, on aura remarqué, l’absence de grands médias africains. En tout cas, pas à la dimension des challenges que revêtent, de plus en plus, les CAN. On repense alors, pour se désoler, que le Nouvel Ordre mondial de la communication, dont avait rêvé, cet autre Sénégalais, Amadou Matar Mbow, ancien directeur général de l’Unesco, dans les années 1980, ne s’est toujours pas réalisé. Où sont passés les grands médias, Africa n°1, l’agence PANA ? Il y a un vide à combler.

    La CAN a grandi. C’est une bonne carte de visite, de cette Afrique, continent de l’avenir. Pour cette raison, il faut repenser les grands médias pour l’Afrique. La meilleure façon, plus généralement, de contrer cette dynamique qui réduit, un peu partout, l’horizon informationnel aux récits grossièrement contrôlés par de petites « pravda » gouvernementales. En disant cela, je pense à la énième censure qui vient de s’abattre cette semaine sur Jeune Afrique, dans l’AES.

    La CAN a été belle. Espérons que la finale tienne les promesses de toutes ces dithyrambes qu’on entend d’ici, delà. Allez donc les Lions ! Faites-nous vibrer !

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  • Trump assomme le monde au Venezuela!
    Jan 10 2026

    Il y a une semaine, vous moquiez, un Trump perdu sur plusieurs fronts, sans résultats probants. Le 3 janvier 2026, avec l’opération au Venezuela, il a renversé pour longtemps l’ordre mondial.

    C’est une bascule au niveau international. Mais à la vérité, Trump parachève, de fait, un ordre mondial auquel rêvait Poutine, qui, ironie du sort, se réalise à son détriment. Maduro déboulonné, Cuba menacé, en une opération commando, Trump a réalisé en quelques heures, dans sa sphère d’influence, ce que Poutine rêve vainement de faire depuis quatre ans en Ukraine. On oublie le ton badin de Pete Hegseth, sur la camelote russe qui n’a pas protégé Caracas et les moqueries de Marco Rubio à Sergueï Lavrov.

    Un joyeux noël ironique, pour un Noël orthodoxe 2026, qui aura le goût amer d’un Hiver noir, prédit depuis un des nouveaux Oblasts du Sahel, autrefois pré carré de la France.

    Les Russes ne sont pas les seuls, les Européens aussi ne reconnaissent plus Trump !

    Henry Kissinger, a prévenu : « être un ennemi des États-Unis est dangereux, mais être son ami est fatal », cette mise en garde n’a jamais été aussi vraie. Surtout, pour les Européens, le plus difficile, c’est de devoir admettre que Donald Trump, peut être une menace. Ils ont en face d’eux, l’empereur Néron, que décrivait le sénateur Claude Malhuret, après l’humiliation de Zelensky, à Washington, il y a un an, « Empereur incendiaire, (…) », disait-il de Trump, pour qui, l’essentiel c’est que les États-Unis soient les plus forts et que Trump soit le plus fort des États-Unis. Un drame en perspective ; « (…) un drame pour le monde libre. Mais d’abord un drame pour les États-Unis », concluait, désabusé, Malhuret.

    Pour les États, ce n’est jamais bon, quand un dirigeant peut s’affranchir de toutes les règles. Trump n’a de limite, à l’international, que sa propre moralité. Les transgressions étant le carburant de tout bon dictateur, qu’est-ce qui l’empêcherait de l’essayer en interne ? L’hubris fait perdre la tête aux empereurs, surtout quand ils se rêvent dictateur. Trump s’y est essayé et y a pris goût. Susie Wiles, son cheffe de cabinet, qu’il inquiète, a prévenu, en décembre 2025. Trump a « la personnalité d’un alcoolique » qui se croit tout permis. Avec son dévolu sur le Groenland, il fait paniquer les Européens.

    Serait-on entré dans l’ère des empires ?

    C’est désormais « malheur aux vaincus » ! L’ONU n’a jamais autant mérité son sobriquet de « machin », comme disait le général de Gaulle. La souveraineté c’est pour les plus forts.

    Et l’Afrique dans tout ça ? Hélas ! Le faible n’est pas le convive désiré à la table des forts. Trump, Poutine, Xi, Modi et Erdogan, c’est à chacun son Afrique, pour emprunter le vocabulaire fleuri des « patriotes sous Laurent Gbagbo ». Erdogan lorgne le Soudan et la Libye, Pékin avec son « Belt and Road » organise une OPA sur le Kenya et la Tanzanie qu’elle a endetté de façon toxique, Trump se pourlèche les babines devant les immenses richesses de la RDC, Poutine s’arcboute sur le diamant de la RCA et sur l’or de l’AES. 141 ans après la conférence de Berlin, l’Afrique s’apprête à accueillir ses nouveaux colons. Les anciennes puissances coloniales, se débattent, mais ont du mal à exister. Quoique ? Le Donroé, l’ordre de Donald Trump, pourrait rabattre les cartes. Avec la chute de Maduro, le protectorat russe perd de sa valeur. Si les mollahs devraient tomber en Iran, ce sera une catastrophe géopolitique, dont Poutine pourrait ne pas se relever. Il y a donc, toujours une place à prendre pour les Européens, s’ils guérissent du syndrome de Stockholm, vis-à-vis des Américains !

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  • 2026, de Kiev à Gaza, les incertitudes!
    Jan 3 2026

    Faut-il être optimiste pour 2026 ?

    La prédiction est un exercice trop risqué. On ne peut s’y essayer impunément. Surtout instruit par ce qu’on peut, prosaïquement, appeler le précédent du général de Gaulle. Dans ses vœux aux Français, pour 1968, De Gaulle, avec sa voix de stentor, annonce : « C’est vraiment avec confiance que j’envisage pour les douze prochains mois l’existence de notre pays ». Puis, cinq mois après, survenait « Mai 68 ». Alors, par prudence, faisons plutôt une revue de deux gros dossiers qui ont occupé 2025 en considérant les faits.

    L’Ukraine connaîtra-t-elle enfin la paix en 2026 ?

    Même les plus indécrottables optimistes sont réservés. Au regard du processus qu’on a vu se dérouler ces douze derniers mois, il est établi que Poutine veut la paix à ses conditions et ses conditions sont connues ; une capitulation sans condition de l’Ukraine et l’installation à Kiev, d’un régime pro Moscou. Sauf, qu’il n’est pas certain qu’il s’en satisfasse. Depuis le précédent de la Géorgie, (l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie) en 2008, Poutine est connu pour ne respecter ni sa parole ni sa signature. Entièrement à son obsession ; Poutine ne désespère pas de restaurer l’Union soviétique, dont « l’effondrement, dit-il, (…) a été la plus grande catastrophe géopolitique du siècle ». L’avènement au pouvoir de Trump, en 2025, a bien servi ce dessein en sortant Poutine du relatif isolement diplomatique sur la scène internationale et en rabattant les cartes au détriment de Zelensky. Ainsi, à son détriment, Trump, tout à ses illusions, a légitimé une guerre d’agression sans que cela ne crée les conditions de la paix. En ce début d’année, pour l’Ukraine, c’est une grande incertitude, surtout que dans quelques mois Trump sera occupé aux cruciales élections de mi-mandat. Les sondages, pour l’instant, ne lui sont pas favorables et les revers s’accumulent.

    Le plan Trump pour Gaza, se met en place comme prévu, du moins jusque-là...

    Grosso modo le processus tient. La fin de l’année 2025, de l’avis général, a été moins sanglante. Mais c’est loin d’être encore la paix. Plusieurs centaines de Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier. Il faut, à présent, passer à la phase B. Netanyahu, qui y est réticent, était à Mar-à-Lago, le palais d’hiver de Trump, le 29 décembre, pour en discuter les modalités. Pour s’éviter des réprimandes publiques, il a su flatter l’immense ego de Trump avec « le Prix d’Israël », la plus haute distinction civile de l’État hébreu. Et cela a plus que marché ! Oublié les remontrances, Corbeille de dithyrambes pour Bibi, désormais estampillé : « un homme sans qui Israël n’existerait plus aujourd’hui ». Un excellent slogan, pour les difficiles élections à venir en Israël auxquelles, Netanyahu est, bien sûr, candidat.

    Pour Gaza, le Premier ministre israëlien pourra-t-il maintenir et pérenniser une présence militaire, au risque de compromettre le début de la phase B ? Le retrait militaire total, de l’enclave palestinienne était, dans le plan, la condition pour que s’enclenche la phase B.

    Enfin, la mère des convoitises ; la reconstruction de Gaza. Netanyahu veut qu’elle commence dans les zones sous son contrôle. Le business avant la mise en place des institutions de la transition : la Force de stabilisation et l’Autorité International de Transition. Le Conseil de sécurité des Nations unies, le 17 novembre a donné son quitus.

    Mais c’est connu, les résolutions onusiennes ont plus compliqué que facilité la résolution de cette crise. Le Hamas a déjà prévenu qu’il n’en voulait pas. Même considérablement affaibli, il garde les moyens, à l’image de la vieille tabatière du dicton africain, suffisamment de tabac pour faire éternuer le processus.

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