Il y a ceux qui viennent, ceux qui repartent, et ceux qui restent. Dominique Bluzet est resté. Il est arrivé de Paris en juin 1990, à 29 ans, sans connaître personne, pour reprendre un théâtre en faillite sur la Canebière, le Gymnase. Le premier soir, il se fait braquer sur le Vieux-Port. Trente-six ans plus tard, il est toujours là, à la tête des Théâtres : 350 salariés, cinq salles entre Marseille et Aix, un festival et une fondation. Il le dit lui-même : il n’aurait pas pu le construire ailleurs.
Avec lui, on a parlé des codes du Marseille de 1990, quand il fallait ne pas se faire remarquer et surtout ne pas être parisien. De Marseille, ville contre le pouvoir plus que contre Paris, et de ce que ça change pour la culture. De cette ville sans bourgeoisie, où ceux qui réussissent s’en vont, et où il y a donc tout à faire pour ceux qui restent : ici, on ne vient pas chercher un travail, on vient en inventer un. Des clichés qu’il ne nie pas mais qu’il retourne. Et de ce qu’il dit à celles et ceux qui viennent de s’installer et qui doutent d’y arriver.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.