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Sophie Théodose, l'enlumineuse contemporaine aux matériaux ancestraux

Sophie Théodose, l'enlumineuse contemporaine aux matériaux ancestraux

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À la croisée de la tradition et de l’innovation, Sophie Théodose, enlumineuse contemporaine, revisite des techniques médiévales pour créer des œuvres modernes, durables et porteuses de sens. Sophie Théodose sort l’enluminure des livres. Tableaux, sculptures, panneaux décoratifs, vases et luminaires, chaque objet se prête à cet art, donnant vie à une enluminure nomade et en volumes. Nous l’avons rencontrée dans son atelier avant la présentation de ses œuvres au Petit Palais lors d’une exposition internationale d'envergure, The Art of Making, du 24 février au 1er mars, à Paris. Je ne sais pas à quoi peut correspondre une vie si on ne crée pas. Sophie Théodose, artiste et enlumineuse contemporaine « La création passe par tellement de vecteurs. Vous n'êtes pas obligé de dessiner pour créer un chef-d'œuvre, vous pouvez juste redonner une nouvelle ambiance à votre vitrine ou à ces choses-là. C'est rare que j'aie la tête vide au point de ne rien pouvoir faire de toute une journée. » Née en Normandie, dans une famille d’agriculteurs, Sophie Théodose a grandi entourée par la nature, avec des valeurs de simplicité et le respect du travail bien fait. « Quand on travaille la terre et qu'on vit avec des animaux, on apprend à aller à l'essentiel et à ne pas gâcher. Et finalement, cela a toujours bercé mon travail. Donc, quand je suis venue à l'enluminure après d'autres études, j'ai découvert que l'on pouvait déjà travailler sur du parchemin, qui était une peau, donc une revalorisation d'un déchet, puisque sinon, cette peau animale aurait été jetée. Au Moyen Âge, il fallait absolument travailler avec ce qu'on avait sous la main. Qu'est-ce qu'on avait sous la main ? Des animaux, une basse-cour, des champs, et on allait à deux ou trois kilomètres à la ronde pour récupérer de la terre pour certains pigments, des végétaux pour d'autres pigments. Comme on ne connaissait pas le papier au Moyen Âge, en tout cas en Europe occidentale, c'est-à-dire en gros par chez nous, et qu'on avait beaucoup de mortalité animale, on récupérait la peau. L'animal n'était pas mangé s'il était mort de sa belle mort, ou mort d'une maladie quelconque, mais au moins, on récupérait tout ce qui pouvait l’être, y compris la peau, pour écrire et dessiner dessus. C'est mon métier. » Après son baccalauréat, Sophie Théodose intègre une école de mode et exerce plus de 15 ans dans le monde de la haute couture. Mais passionnée par l’histoire de l’art roman, elle découvre l’enluminure. En 2005, elle se lance, dans l’apprentissage de cette technique médiévale. « Je ne dis pas que j'avais fait le tour de la mode parce qu'on n'a jamais fini, mais c'était un moment pour moi où il fallait que je change. J'ai rencontré un autre professeur qui s'appelle Benoît Cazelles, spécialisé en enluminure. J'ai commencé à apprendre l'enluminure de manière assez intense. J'ai passé mon temps à regarder encore et encore, à analyser ce que j'avais, à observer et à copier l'enluminure que je venais d'étudier. Ce mécanisme du regard et de la pensée constitue une sorte de recette qui fait que, par la suite, vos mains savent où aller. Votre main, elle va tenir le crayon, mais elle va aussi dessiner en fonction de ce que vous avez dans la tête. Tout cela constitue une démarche très importante quand on pratique, je pense, n'importe quel métier manuel. Mais l'enluminure, c'était ça. » « Avant la Renaissance, il y avait le Moyen Âge, et les seules personnes qui peignaient, dessinaient et qui relataient une histoire, c'étaient les enlumineurs et éventuellement les calligraphes, qui peignaient sur une peau animale avec des pigments. En général, ils racontaient, expliquaient un texte, l'enluminaient, le mettaient en lumière. J'ai appris cette technique, mais je n'ai conservé que la technique, en enlevant délibérément le côté historique et médiéval pour donner un aspect beaucoup plus contemporain. Que vous soyez passionné d'histoire ou totalement néophyte, ou même que vous veniez d'un autre pays et que vous n'y connaissiez rien, ce n'est pas grave. Si vous ressentez une émotion en voyant ce que je fais et que cela vous plaît, alors j'ai gagné ! » L’expérimentation du volume : du plat au tridimensionnel Sophie Théodose maîtrise donc les connaissances ancestrales mais petit à petit, lassée de travailler sur du plat, elle y ajoute son imagination. 20 ans après, Sophie Théodose expérimente, encore, et repousse les limites de son art. « J'ai été tellement imprégnée par les encres, les plumes, la façon dont on prend le parchemin, comment on pose l'or. Je ne me posais plus vraiment de questions techniques. Je n'avais plus qu'à penser à ce que j'avais envie de transmettre ou, en tout cas, de raconter. Il y a un moment où j'ai été très frustrée, parce que le parchemin est un matériau qui, si on le considère ...
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