Marcello Quintanilha, le Brésil à foot et à sang
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À travers l’histoire d’une famille, Marcello Quintanilha raconte l’empreinte des inégalités sociales, de la violence et du football dans le Brésil des années 50, 60 et 70.
Un « polar néo-réaliste ». C’est ainsi que Marcello Quintanilha présente Eldorado. Du polar, l’album en a l’intrigue - une enquête sur le meurtre d’un petit truand-, les personnages -une bande de voyous de bas-étage et un commissaire aux méthodes contestables- et l’atmosphère interlope des nuits brésiliennes et des bars louches. Quant au néo-réalisme, il s’inscrit à la fois dans le style graphique adopté par le dessinateur et dans l’ancrage du récit dans l’histoire sociale et politique du Brésil, des années 50 aux années 70 : celle de la classe ouvrière marquée par les inégalités et la violence du quotidienne, et qui voit dans le football un art de vivre et un espoir d’ascension sociale.
Le football, espoir d’ascension socialeHélcio, le personnage principal, en est un exemple. Particulièrement doué, il parviendra à devenir footballeur professionnel au sein du Canto do Rio, l’équipe de Niterói (État de Rio de Janeiro), mais le succès l’éloignera de sa famille. Son grand frère Luiz Alberto prendra lui un tout autre chemin en se rapprochant d’une bande de petits truands locaux. Mais les deux délaisseront le reste de leur famille et notamment leur père Alicio, aimant mais aussi sanguin et possessif.
Le coup d’État de 1964 fait brutalement irruption dans le récit. Avec l’installation de la dictature militaire, l’atmosphère se tend un peu plus, et les méthodes de l’enquêteur, le commissaire Andorinha, deviennent de plus en plus inhumaines.
Clefs historiques et playlistAvant d’entrer de plain-pied dans le récit, un prologue de neuf pages en noir et blanc donne aux lecteurs non familiers de l’histoire brésilienne d’importantes clefs historiques pour mieux appréhender le récit. En tournant les pages de l’album, il faut aussi prendre le temps d’observer les décors qui portent en eux l’histoire de la colonisation et reflètent les enjeux de l’économie urbaine. On peut aussi lire en écoutant les nombreux titres de musique populaire qui accompagnent les péripéties, exprimant ainsi une autre facette du sentiment d’être brésilien. L’album présente d’ailleurs un QR Code qui permet d’accéder à la playlist qui a accompagné le travail de l’auteur.
En partie autobiographique -le père de Marcello Quintanilha a été footballeur professionnel-, Eldorado peut aussi être lu comme une préquelle d’un album précédent, Les Lumières de Niterói. Parmi les œuvres de l’auteur, Ecoute, jolie Márcia (Ça et là) a reçu le Fauve d’or du Festival d’Angoulême en 2022.
Eldorado, Marcello Quintanilha (Le Lombard).