Mais pourquoi mentons-nous ? «À la limite de la crédibilité», les habits neufs du mensonge
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Au Théâtre de Belleville, la compagnie Janitor explore à travers une pléiade de personnages, les raisons qui nous poussent à mentir.
Tout est parti d’un mensonge. Oh, pas d’un gros mensonge : d’une blague entre copines qui s’étaient donné rendez-vous dans un café. L’une d’entre elles prétend avoir partagé un riz cantonnais dans un resto chinois avec une de ses idoles. Au début, Marguerite Courcier et Laurine Villalonga sont dubitatives. Mais Camille Jouannest se montre tellement enthousiaste, tellement convaincante, que les deux autres finissent par y croire. Et elles y ont cru longtemps, car il a fallu du temps avant que la vérité finisse par éclater.
Tel est le point de départ du spectacle À la limite de la crédibilité dont le trio signe l’écriture, le jeu et la mise en scène : une volonté de comprendre pourquoi on ment. Pour approcher la vérité, les trois jeunes femmes se sont lancées dans une véritable enquête à base de rencontres : un avocat, des aides-soignantes dans un EHPAD, une serveuse de bar, une psy… Ces entretiens ont ensuite été transformés en matière théâtrale, en en conservant le plus souvent le naturel (erreurs, tics de langage, bruits de bouche…), et compilés avec des moments d’improvisation.
Remède ou poisonComme le dit à plusieurs reprises un des personnages, « c’est compliqué ». Car on peut mentir pour faire du mal ou pour faire du bien, pour apparaître ou par peur de révéler qui l’on est, pour exister ou pour s’effacer. Le mensonge comme « pharmakon », autrement dit comme remède ou poison selon l’usage que l’on en fait.
Jeux de lumières et masques accompagnent ce voyage théâtral à la frontière -décidément si poreuse- entre le vrai et le faux, y compris d’ailleurs à son corps défendant. Ce qui en soi est peut-être une manière de mieux appréhender la vérité humaine. Un paradoxe que l’on retrouve d’ailleurs dans la phrase du pédiatre britannique Donald Winicott que la compagnie JANITOR fait lire aux spectateurs en l’affichant un temps en fond de scène : « On ment pour se cacher. Pour se cacher mais pour être trouvé. Car se cacher est un plaisir mais ne pas être trouvé est une catastrophe ».
HabitsUne autre phrase résonne à l’esprit d’un public que la mise en scène rend complice dès le début du spectacle. Les autrices l’ont placée dans la bouche de la psy lorsque –dans un halo de fumée- elle évoque les récits de ses patients : « ces histoires ; elles sont comme quand on porte un habit, elles collent, elles sont habitées ». Il était donc naturel que les habits se retrouvent au cœur de la mise en scène. Dans la pièce, ils sont à la fois accessoires, costumes et éléments de décor.
À la limite de la crédibilité, écrit, mis en scène et joué par Marguerite Courcier, Camille Jouannest et Laurine Villalonga, au Théâtre de Belleville jusqu’au 28 février 2026.