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La Canadienne Chrystia Freeland, nouvelle conseillère économique de Zelensky

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Chrystia Freeland, députée canadienne et représentante spéciale du Premier ministre pour la reconstruction de l’Ukraine, va rejoindre Kiev pour devenir conseillère économique de Volodymyr Zelenski. Un rôle taillé sur mesure pour cette ancienne ministre des Finances, ardente défenseure de l’Ukraine. « L’Ukraine est au cœur du combat mondial pour la démocratie et je suis heureuse de pouvoir y contribuer bénévolement », écrivait cette semaine Chrystia Freeland, sur X, après avoir accepté le poste de conseillère économique auprès du président Zelensky. À 57 ans, elle quitte une longue carrière politique au Canada pour se consacrer pleinement à l’Ukraine, pays d’origine de sa mère et avec lequel elle entretient des liens forts. « Ses grands-parents maternels sont venus au Canada après la Seconde Guerre mondiale et se sont installés dans l’Alberta. Elle a grandi dans une communauté où on a toujours cru que l’Ukraine deviendrait indépendante un jour », raconte la journaliste canadienne Catherine Tsalikis, autrice d’un livre qui lui est consacré *. « Étudiante, Chrystia est allée à Kiev, où elle a intégré des programmes qui militaient pour l’indépendance. C’était une cause qui lui tenait à cœur. » Journaliste originaire d’Ukraine, elle défend ardemment ce pays C’est finalement comme journaliste que Chrystia Freeland couvre l’indépendance de l’Ukraine en 1991. Car avant d’embrasser la carrière politique, cette diplômée de Harvard et Oxford, parlant 5 langues dont l’Ukrainien, est correspondante à Kiev du Washington Post, du Financial Times et de The Economist. Puis elle enchaine les postes dans plusieurs pays et les responsabilités dans les médias. « Mais elle a toujours gardé des liens avec l’Ukraine, assure Catherine Tsalikis, et lorsque Vladimir Poutine envahit l’Ukraine en 2022, elle est aux avant-postes de la réponse canadienne », soutenant inlassablement « son pays de cœur ». Chrystia Freeland occupe à l'époque le double poste de vice-Première ministre et de ministre des Finances du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Entrée en politique en 2013 comme députée à Toronto, Catherine Freeland gravit les échelons de la politique canadienne et enchaine les portefeuilles ministériels : commerce international, affaires étrangères. En 2019, elle est nommée vice-Première ministre et en 2020 ministre des Finances, devenant la première femme du Canada à occuper ce poste. « Elle a marqué l’histoire en brisant un plafond de verre », commente Jean-Noël Bellavance, chef du bureau d’Ottawa au journal La Presse. Une ascension politique fulgurante et une démission fracassante Mais l’ascension de Catherine Freeland que certains voyaient déjà comme future Première ministre du Canada, est stoppée nette le 16 décembre 2024. Quelques heures avant de prononcer un discours sur le budget, elle apprend que Justin Trudeau, dont elle est proche, veut la remplacer à son poste, pour redonner un second souffle à son gouvernement. Catherine Freeland démissionne avec fracas, précipitant la chute quelques semaines plus tard du Premier ministre, déjà très affaibli. Elle tente de briguer la tête du Parti libéral mais échoue derrière Mark Carney, qui deviendra, lui, Premier ministre. Chrystia Freeland fait un bref passage au ministère des Transports puis est nommée représentante spéciale du Canada pour la reconstruction de l’Ukraine. « Elle a été reléguée à un rôle de second violon, donc elle a décidé de faire autre chose », analyse Joël-Denis Bellavance, d’où sa décision de partir travailler auprès de Volodymyr Zelensky, comme conseillère économique. Après un moment de flottement, elle a annoncé qu’elle abandonnait finalement son mandat de député au Canada. Beaucoup avaient dénoncé un conflit d’intérêt. Bourreau de travail et négociatrice coriace « Chrystia est multi-tâches, habituée à cumuler les postes », souligne Catherine Tsalikis. En plus d’être mère de trois enfants. « C’est un bourreau de travail », reconnait Joël-Denis Bellavance, et une « négociatrice coriace », qui a montré à Donald Trump « de quel bois elle se chauffait », lorsqu’elle négociait l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, sous le premier mandat du président américain. Une ténacité qui l’aidera sans doute à affronter son nouveau poste en Ukraine, elle qui est aussi dans le viseur de Moscou, déclarée persona non grata depuis 2014 sur le territoire russe. * Chrystia de Catherine Tsalikis (éditions House of Anansi)
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