En Guinée, les producteurs de manioc demandent plus de soutien de l’État copertina

En Guinée, les producteurs de manioc demandent plus de soutien de l’État

En Guinée, les producteurs de manioc demandent plus de soutien de l’État

Ascolta gratuitamente

Vedi i dettagli del titolo

A proposito di questo titolo

Le manioc est un tubercule consommé dans plusieurs pays d’Asie, d’Amérique centrale et du Sud, mais aussi d’Afrique. En Guinée, la saison des récoltes a commencé et c’est aussi à cette période que les producteurs font face à de nombreux défis, notamment le manque d’unités de transformation et la rareté des acheteurs.

Les paysans rencontrent des difficultés pour stocker et commercialiser leurs productions. Entre l’état de dégradation des routes et le manque d’acheteurs, ils enregistrent régulièrement des pertes. Fodé Amadou Condé est agriculteur à Baranama, près de Kankan. Il exploite une plantation de 5 hectares, et il est parfois obligé de garder sa production dans son champ à la merci des intempéries et des vols.

« Nous n’avons pas de lieux de stockage, après la récolte nous transportons le manioc jusqu’en ville sans savoir où le garder. Il y a aussi le fait que nous manquons d’acheteurs. Pendant ce temps, les insectes attaquent le manioc, et ça pourrit », se désole Fodé Amadou Condé.

Malgré tous ces défis, ce paysan ne compte pas abandonner le manioc au profit d’autres cultures vivrières comme le fonio, le maïs ou encore le riz car, explique-t-il, « les sols agricoles en Haute Guinée sont mieux adaptés à la production de manioc ; et ce que tu gagnes avec le manioc, tu ne peux pas avoir la même chose avec d’autres cultures, parce qu’il n’y a que le manioc que nous pouvons cultiver en grande quantité sans trop investir », argumente-t-il. Pour amorcer une meilleure structuration de la filière et soutenir les agriculteurs dans les différentes étapes de la production, un groupement de producteurs a vu le jour en 2024. Il s’agit de la Fédération des producteurs de Manioc à Kankan, appelée en langue locale malinké, « Banaku lasabati » ; en français, la valorisation du manioc. « Les producteurs de manioc n’ont reçu aucun accompagnement pour valoriser ce secteur, leurs productions constituent leurs efforts personnels sans aucun soutien, c’est un gros problème », déclare Layeba Condé, conseiller agricole et coordinateur technique de la fédération. À cela, s’ajoutent les problèmes d’intrants pour les agriculteurs qui n’ont pas accès à une large palette de variétés. Ils doivent aussi composer avec la dégradation avancée des routes enfreignant le transport des produits vers les centres urbains et toucher plus d’acheteurs.

Ancora nessuna recensione