La graine est si familière qu’on en oublierait presque qu’elle est une invention.
Une réponse élaborée par le vivant pour composer avec le temps long et les aléas du monde.
Ce premier épisode ouvre un diptyque consacré à la graine, envisagée sur un large arc temporel.
Il en explore la réalité biologique, avant que l’épisode suivant, publié la semaine prochaine, n’en prolonge les effets du côté des sociétés humaines, des cultures et des équilibres civilisationnels.
Un point de départ modeste en apparence, mais décisif, pour interroger ce que le vivant a rendu possible en apprenant à différer, à miser sur l’avenir, et à transmettre sans certitude de résultat.
Le saviez-vous ? Petite histoire de la reproduction des plantes
Il y a plus de 450 millions d’années, lorsque les premières plantes s’installent sur les terres émergées, leur reproduction reste héritée du monde aquatique.
Le mâle est alors une cellule mobile, capable de nager, qui doit rejoindre la cellule femelle grâce à une fine pellicule d’eau.
Sans pluie ni humidité, la rencontre est impossible.
Entre 420 et 360 millions d’années, chez des plantes comme les fougères, la dispersion est assurée par des spores.
Mais la fécondation dépend toujours de l’eau, le gamète mâle doit se déplacer sur de très courtes distances, à la surface du sol ou de la plante, pour atteindre la cellule femelle.
Il y a environ 320 à 280 millions d’années, un basculement majeur apparaît chez les premières plantes à graines.
Le mâle n’a plus besoin de nager, il est désormais transporté à l’intérieur du pollen, porté par l’air.
La femelle, sous forme d’ovule, reste fixée sur la plante.
La fécondation devient possible en milieu sec, sans eau libre.
Après la fécondation, l’ovule fécondé se transforme en graine.
La graine n’est ni mâle ni femelle, elle contient un embryon issu de la rencontre des deux, des réserves et une enveloppe protectrice.
La rencontre a déjà eu lieu.
La graine peut alors être disséminée, attendre, puis germer bien plus tard, sans jamais recroiser le pollen.
Et pour finir, une invitation au jeu
Parce qu’il est aussi question de semer, de récolter, d’anticiper et d’accepter une part d’imprévu, cet épisode se conclut par une invitation à découvrir l’awalé.
Un jeu ancien, fondé sur des graines, qui prolonge autrement cette réflexion sur le vivant.
Dans l’épisode 2, la graine quitte le seul champ du vivant pour entrer pleinement dans l’histoire humaine, agricultures, échanges, pouvoirs, crises et imaginaires.
Merci d'écouter Anima Terrae-Murmures du vivant.
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