Alerte sur le modèle économique des médias en France
Impossibile aggiungere al carrello
Rimozione dalla Lista desideri non riuscita.
Non è stato possibile aggiungere il titolo alla Libreria
Non è stato possibile seguire il Podcast
Esecuzione del comando Non seguire più non riuscita
-
Letto da:
-
Di:
A proposito di questo titolo
Des menaces pèsent sur les médias traditionnels en France et singulièrement sur le service public. Notamment dans un contexte de restrictions budgétaires tous azimuts.
Mercredi 21 janvier 2026, l'Assemblée nationale a voté une nouvelle coupe budgétaire de 30 millions d'euros sur l'audiovisuel public, ce qui porte à 100 millions la réduction budgétaire sur un peu plus de 2,8 milliards. Cela signifie pour France Télévisions un recul de 200 millions d'euros par rapport à la trajectoire financière prévue, somme qui manquera pour financer des séries, des téléfilms ou payer des émissions et des droits sportifs – le groupe a déjà dû renoncer à une partie du tournoi des 6 Nations. Sa présidente, Delphine Ernotte, entend préserver l'information, le numérique et l'offre jeunesse, mais elle doit composer avec une réalité européenne : l'attrition des ressources publiques.
Un seul chiffre : en dix ans, selon l'Union européenne de radiodiffusion, la baisse de financement de l'audiovisuel public est de 7,4% dans les 27 pays de l'UE, en tenant compte de l'inflation. La France n'y échappe pas. On a vu en Lituanie dernièrement, comme en Hongrie, en Slovaquie ou en Italie auparavant, que le redimensionnement budgétaire s'accompagne souvent d'une reprise en mains politique sous l'influence de l'extrême droite.
Modèle économique des médias menacéD’après le dernier rapport publié par l'Arcom et le ministère de la Culture, la production de l'information en France est assurée pour un tiers par le service public.
Mais, chez les médias privés, la situation est presque plus alarmante au regard de leurs performances publicitaires. Sur cinq ans, de 2019 à 2024, la part de marché publicitaire des médias traditionnels s'est effondrée par rapport aux plateformes numériques comme Google, Meta ou Amazon : elle n'est plus que de 33 % alors qu'elle était de 42 %, il y a cinq ans. Cela signifie que les groupes privés ont de moins en moins les moyens de leurs recettes traditionnelles pour assurer leur mission.
Accélérer leur développement numériqueTF1+, France.TV, M6+ appliquent cette stratégie avec leurs applis. Seulement, on commence à comprendre que tout cet inventaire nouveau de contacts peinera à faire face aux géants du web qui se renforcent avec de nouveaux acteurs. On pense à YouTube, mais également à Netflix, qui vise trois milliards de dollars de revenus publicitaires dans le monde cette année, à Prime Video ou Disney+. Tous sollicitent l'argent des annonceurs et concurrencent les médias.
Enfin, il faut compter avec les acteurs de l'IA qui, à l'instar d'OpenAI, créent leur régie publicitaire. Le jour où les IA auront détruit les médias en ayant pris leur pub après avoir pillé leurs contenus, la boucle sera bouclée. D'où l'importance de la question des droits d'auteur.
À lire aussiJulia Cagé: «L'audiovisuel public est à l'os depuis des années»