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Albin Kurti, nationaliste de gauche et homme fort du Kosovo

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En remportant les élections législatives organisées dimanche 28 décembre au Kosovo, Albin Kurti a réussi son pari : le Premier ministre sortant a rassemblé près de 50% des suffrages sur son nom. Un score en forme de succès personnel pour l’homme fort du pays. Ce n’était pas gagné d’avance. Personne n’avait imaginé une si large victoire. Le Kosovo et ses 1,6 million d’habitants sortent de neuf longs mois de blocage politique. Le parti Vetevendosje (Autodétermination, en français), au pouvoir depuis 2021, était arrivé en tête des élections législatives de février dernier, mais sans majorité absolue. Aucun accord n’avait été trouvé avec les autres partis. Cette fois, Albin Kurti est assuré de former le prochain gouvernement. « Nous devrons rapidement constituer un Parlement issu de la 10ᵉ législature puis former sans délai un nouveau gouvernement. Nous n'avons pas de temps à perdre et devons avancer ensemble au plus vite », a-t-il promis après sa victoire. À lire aussiKosovo: le parti du Premier ministre sortant Albin Kurti en tête des législatives anticipées Filon populiste Sa victoire, Albin Kurti la doit à la faiblesse des oppositions, au vote déterminant de la diaspora et à sa campagne populiste. « C'est quelqu'un de très habile, on le présente souvent comme un intellectuel, un idéologue, explique Florent Marciacq, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Aujourd'hui, c'est quelqu'un qui a réussi à mobiliser sur une fibre assez populiste, il faut le dire aussi, mais dans un paysage qui est très divisé et donc qui réussit réellement à capter un petit peu les électorats. » Albin Kurti a joué à fond la personnalisation de sa campagne. Il a aussi promis de verser 100 euros aux retraités et à chaque famille avec des enfants en bas âge d’ici la fin de l’année pour lutter contre la hausse des prix. Ancien révolutionnaire, de gauche et nationaliste Albin Kurti a toujours été engagé à gauche et a milité dès ses années étudiantes. En 1997, le voilà à la pointe de l’occupation de l’université de Pristina contre le gouvernement de Slobodan Milošević. Il est arrêté et emprisonné deux ans plus tard. Dès sa sortie, il se lance en dehors des partis traditionnels. Son crédo : la lutte anticorruption et l’autodétermination du Kosovo, deux thèmes porteurs dans la jeunesse du pays. Âgé de 50 ans, marié à une chercheuse norvégienne, père d’une fille, il reste très discret sur sa vie privée et sobre aussi dans son style vestimentaire avec un éternel costume sans cravate. L'enjeu de la communauté serbe Pour sa réélection, il a évité les sujets qui fâchent. En février dernier, il promettait de gouverner le Kosovo « d'un bout à l'autre », même dans les territoires en majorité peuplés de Serbes. Mais cette fois, il a surtout parlé d'économie. La cohabitation avec la communauté serbe sera l’un des principaux défis de son second mandat, prévient le chercheur Florent Marciacq : « Albin Kurti espère avoir une reconnaissance du Kosovo qui lui a été promise par les accords d'Ohrid soutenus par les États-Unis il y a quelques années. La condition pour cela est la mise en œuvre de cette association des municipalités serbes. Maintenant que le Kosovo a effectivement les mains libres pour agir, la question est : "Quelle sera la position de l'Union européenne et des États-Unis pour faire pression sur la Serbie pour qu’elle-même mette en œuvre et respecte les engagements de reconnaissance à terme du Kosovo ?" ». Scruté par les États-Unis et les Européens Autonomiste, il l’est aussi envers les grandes puissances. Ses relations sont glaciales avec Donald Trump car Albin Kurti s’est dit prêt à accueillir des migrants expulsés des États-Unis. Le climat s’est en revanche réchauffé avec l’Union européenne qui a levé une partie de ses sanctions contre le pays. Mais ses prochaines actions en direction de la minorité serbe seront scrutées de près par ses alliés. À lire aussiLe Kosovo, terre d’accueil pour les expulsés des États-Unis
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