6 décembre - Arrivée à marseille copertina

6 décembre - Arrivée à marseille

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- Fichtre, c'est pas bien compliqué, lui avait dit un garçon de café à la chevelure luisante. Vous allez par la rue Saint-Ferréol, vous tournez à la Canebière pour descendre jusqu'au Vieux Port, vous le contournez par la droite, vous êtes au Panier. Pas compliqué, il en avait de belles ce gominé ! Plusieurs fois, notre pauvre Saturnin avait manqué de se faire renverser par un de ces attelages à quatre chevaux qui, cuirassés et noirs, semblaient être conduites par le diable en personne. Pour vrai, il faillit abandonner. Tout ce bruit, ces cris de cochon qu'on égorge, qu'on lui lançait presque sous le nez : "Raccommodeur de chaise ! ", "Limaçons ! limaçons !", "Belles fleurs, belles fleurettes, fleurinettes à qui veut !", "Demandez lePetit Provençal ! ", ces sabots ricochant sur les pavés jonchés d'épluchures et de papiers gras ! Serrant les dents, il évoqua le visage de sa mère, ses chères collines qui savaient si bien lui offrir le ciel. - Oh collègue ! Tu débarques de ton pays, toi. Té, il n'y a qu'un pacoulin, sauf ton respect, pour me faire des yeux de Gobie devant cette affreuse agitation. Tu viens chercher fortune ? - Oh, non, répondit Saturnin avec un geste vif. Je dois aller chez le cousin d'une dame de mon village. Il doit m'apprendre, je dois travailler... - Oh, pauvre ! Travailler ? mais c'est une malédiction, une vraie déformation de la vie ! Ce fainéant, qui répondait au nom d'Emile Bouffareli, n'avait jamais travaillé de sa vie. - Après tout, dit-il en s'étirant, j'ai encore un peu de temps avant mon curaçao de onze heures. Donne-moi l'adresse de ce cousin, je vais t'y emmener.


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