• Compétitivité mondiale : l’Europe face au défi industriel
    Feb 20 2026
    Dans un contexte de tensions géo-économiques accrues (qu'adviendra-t-il des droits de douane imposés par Donald Trump et retoqués par la Cour suprême américaine), un vocabulaire domine désormais les débats internationaux : compétition, concurrence, déclassement, compétitivité. Longtemps réservée aux entreprises, la rivalité s’étend aujourd’hui aux États, aux blocs régionaux et aux grandes puissances économiques — Union européenne, Chine, États-Unis et pays émergents — engagés dans une course permanente à l’influence industrielle et technologique. NOS INVITÉS 👉 Marie Krpata, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri (Institut français des relations internationales, spécialiste des relations économiques internationales, de la Chine et de la politique industrielle européenne. 👉 Pieter Timmermans, directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Une Europe en situation d’urgence économique ? Lors d’un récent sommet sur la compétitivité, le président français Emmanuel Macron a lancé un appel clair : « Place à l’action ». Face à la désindustrialisation, à la concurrence américaine et chinoise et à la fragmentation du marché intérieur, l’Europe cherche à redéfinir sa stratégie. Parmi les questions clés abordées dans l’émission : La politique industrielle européenne est-elle cohérente ou réactive ? Quels secteurs sont les plus exposés ? Pourquoi la relocalisation industrielle progresse-t-elle moins vite que prévu ? L’autonomie stratégique est-elle compatible avec le libre-échange ? Le point de vue des entreprises européennes À Bruxelles, nous avons recueilli l’analyse de Pieter Timmermans, directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique. Les entreprises dénoncent notamment : coûts énergétiques élevés pression réglementaire fragmentation du marché européen lenteur décisionnelle. Les réponses institutionnelles européennes La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, propose notamment : un statut juridique commun « EU Inc. » pour simplifier la création d’entreprise dans toute l’Europe l’approfondissement de l’Union de l’épargne et de l’investissement l’intégration accrue des marchés de capitaux Objectif : réduire la fragmentation et renforcer la compétitivité globale. Protéger sans devenir protectionniste ? L’Europe cherche un équilibre délicat. Le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni défendent une position commune : lutter contre les pratiques commerciales déloyales sans basculer dans le protectionnisme. Mais plusieurs tensions demeurent : concurrence mondiale subventionnée dépendance technologique transition énergétique coûteuse désaccords sur l’endettement européen. Dette commune ou discipline budgétaire ? Faut-il mutualiser les investissements industriels ? Le débat oppose les partisans d’une dette européenne commune aux défenseurs de la rigueur budgétaire nationale. Une divergence qui reflète les lignes de fracture économiques du continent. Gouvernance, financement, souveraineté : les grandes contradictions européennes Au cœur de l’analyse de Marie Krpata : fragmentation des stratégies nationales règles de concurrence limitant les « champions européens » dépendances persistantes dans les chaînes de valeur stratégiques tensions entre transition écologique et compétitivité risque de course aux subventions entre États membres. L’Afrique dans la compétition mondiale Ces enjeux ne concernent pas uniquement l’Europe. Ils traversent aussi le continent africain, engagé dans ses propres stratégies industrielles et partenariales. Dans un entretien vidéo disponible sur la chaîne YouTube de RFI, le banquier d’affaires Khaled Igué — cofondateur de la French-African Foundation - exprime sa vision des alliances nécessaires pour le continent.
    Mostra di più Mostra meno
    1 ora e 1 min
  • Enquêter au péril de sa vie : les journalistes face aux crimes économiques
    Feb 13 2026
    Corruption, blanchiment, fraude fiscale ou détournement de fonds : quel est le rôle du journalisme d’investigation face aux crimes économiques mondiaux ? L'émission met en lumière le travail des journalistes qui enquêtent dans des contextes dangereux pour révéler des réalités souvent dissimulées. Elle a été enregistrée dans les locaux du réseau international de journalistes d’investigation Forbidden Stories, une organisation qui poursuit les enquêtes de reporters menacés, emprisonnés ou assassinés. Une mission : faire vivre les enquêtes menacées Créé en 2017, Forbidden Stories rassemble des centaines de journalistes dans le monde. Leur objectif : empêcher que des enquêtes disparaissent lorsque leurs auteurs sont réduits au silence. Ses missions : 👉 reprendre les investigations interrompues, 👉 les diffuser à l’échelle internationale, 👉 envoyer un message clair : supprimer un journaliste ne supprime pas l’information. Ce travail collaboratif s’appuie sur des partenaires dans de nombreux pays et sur l’analyse de données complexes, souvent issues de fuites ou d’enquêtes transnationales. Les invités de l’émission 🎙️ Laurent Richard, fondateur et directeur de Forbidden Stories. 🎙️ Eloïse Layan, journaliste d’investigation. Elle a repris plusieurs enquêtes sur le contournement des sanctions et sur les réseaux économiques illicites, au Kirghizistan et en Haïti. 🎙️ Emmanuel Colombié, journaliste d'investigation, auteur d'une enquête sur l'or illégal au Pérou 🎙️ Thibaut Bruttin, secrétaire général de Reporters sans frontières. Au départ, une enquête emblématique : le projet Daphne Parmi les premières grandes investigations du collectif, figure le projet consacré à la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée en 2017 alors qu’elle enquêtait sur des affaires de corruption liées au pouvoir politique et à des circuits financiers internationaux. Des dizaines de journalistes de plusieurs grands médias internationaux ont poursuivi son travail, révélant notamment l’implication d’acteurs proches du pouvoir. Cette mobilisation internationale a contribué à provoquer une crise politique majeure à Malte. Des enquêtes de terrain à travers le monde 🇵🇪 Les seigneurs de l’or : la mainmise des gangs sur les mines du Pérou Les journalistes de Forbidden Stories poursuivent l’enquête du journaliste local Manuel Kayo Quispe, menacé de mort et contraint de se cacher après avoir dénoncé les activités d’un gang près de la frontière bolivienne, une région marquée par l’exploitation illégale de l’or. Une organisation criminelle a progressivement pris le contrôle des mines et de toute la chaîne économique : sécurisation des sites d’extraction, collecte et transport de l’or, alliances avec des entreprises enregistrées, mélange d’or illégal et légal pour l’exportation internationale. Une activité extrêmement lucrative : l’or illégal représente un volume économique bien supérieur à celui du trafic de drogue dans la région. Un désastre environnemental majeur : déforestation massive, pollution des rivières par les produits chimiques utilisés pour l’extraction, destruction des territoires des communautés autochtones. Un impact social très lourd : violences, assassinats, disparitions et climat de peur généralisée. 🇭🇹 Haïti – gangs, contrebande et pouvoir économique En Haïti, l’économie est fortement influencée par les gangs et les réseaux de contrebande. L'enquête s’appuie sur le travail du journaliste haïtien assassiné Néhémie Joseph, qui enquêtait sur la contrebande à la frontière avec la République dominicaine. Les investigations ont révélé : des réseaux d’import-export contrôlés par quelques acteurs dominants, des soupçons de corruption douanière, des flux illégaux d’armes dissimulées dans des cargaisons commerciales, l’implication présumée de l’ancien sénateur Rony Célestin. Ces activités alimentent la violence armée et déstabilisent l’économie du pays. 🇰🇬 Sanction breakers au Kirghizistan – contournement des sanctions et commerce international L’émission évoque une enquête sur les circuits commerciaux permettant de contourner les sanctions internationales, notamment via l’Asie centrale. Ces réseaux impliquent des échanges complexes entre plusieurs pays, montrant comment les flux économiques mondiaux peuvent servir à masquer l’origine réelle des marchandises ou des capitaux. 🇬🇭 Ghana – l’économie mondiale de l’or illégal Au sud-ouest du Ghana, l’exploitation illégale de l’or est visible jusque depuis l’espace. Les conséquences sont multiples : destruction des forêts, pollution des rivières, enrichissement de réseaux criminels, violences et menaces contre les journalistes enquêtant sur le terrain. L’enquête ...
    Mostra di più Mostra meno
    1 ora e 3 min
  • Crise du cacao en Côte d'Ivoire : un modèle en questions
    Feb 7 2026
    Cette émission explore en profondeur la crise actuelle du secteur du cacao en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial avec plus de 40% de la production globale. Face à une volatilité historique des cours et des difficultés majeures pour les producteurs, l'émission donne la parole aux acteurs de terrain, experts et décideurs pour comprendre les enjeux économiques, sociaux et politiques de cette filière stratégique. Points clés de la situation : Prix bord champ fixé à 2 800 francs CFA/kg par l'État ivoirien en début de campagne 2025-2026 Chute brutale des cours mondiaux Accumulation de stocks estimés à 130 000 tonnesProducteurs privés de trésorerie malgré la livraison de leurs fèvesIntervention de l'État pour racheter les stocks et restaurer la fluidité NOS INVITES : 👉 Alahassane Diakité, directeur général de la Maison du Cacao et Diakité Cocoa Products, député de Divo (Côte d'Ivoire). Fils de planteurs, il représente une nouvelle génération d'entrepreneurs ivoiriens engagés dans la transformation locale du cacao. « Le producteur de cacao vit de la sueur de son front, pas de la politique » L'entretien en vidéo et en intégralité ici 👉 Dr Lansana Gagny Sakho, secrétaire général du CAVIE (Centre Africain de Veille et d'Intelligence Economique), spécialiste des chaînes de valeur et de l'intelligence économique. « Tant que l’Afrique n’assurera pas la transformation locale de ses matières premières, elle restera dépendante. » 👉 Oscar Toukpo, chargé de recherche à l'Institut d'Ethno-Sociologie de l'Université Félix Houphouët Boigny d'Abidjan, spécialiste de la ruralité et des questions de vulnérabilité dans la filière cacao. « Il y a un phénomène de migration des producteurs vers des terres plus fertiles au Libéria et en Guinée forestière. » La transformation locale : une solution ? Avec son frère jumeau Fousseini, Alahassane Diakité, qui a débuté comme pisteur (collecteur de fèves), a créé deux unités de transformation : Diakité Cocoa Products : capacité de 15 000 tonnes/anLa Maison du Cacao (inaugurée août 2025) : capacité de 32 000 tonnes/anObjectif 2030 : atteindre 80 000 tonnes/anEmplois : plus de 200 actuellement, objectif de 1 000 employés Leurs produits vont au-delà du chocolat : pâtes à tartiner, gels douche, savons... avec l'ambition de créer des produits accessibles aux Ivoiriens. « Aujourd'hui, le chocolat n'est pas trop dans nos habitudes alimentaires. Nous voulons aussi limiter l'exportation pour que les produits que nous allons faire soient consommés ou utilisés localement. » L'analyse de l'intelligence économique Dr. Lansana Gagny Sakho met en lumière les faiblesses structurelles du modèle africain : Les obstacles à la transformation locale : Difficulté à attirer les investissements (l'Afrique représente moins de 5% des IDE mondiaux)Problèmes de compétitivité face à l'AsieAbsence de collaboration entre pays producteurs (Côte d'Ivoire et Ghana produisent 70% du cacao mondial mais ne coordonnent pas leurs politiques)Marchés de consommation situés principalement en OccidentManque de respect des normes internationales « L'Afrique s'est toujours contentée à produire et à exporter ses matières premières brutes et rester en marge, là où on fait la valeur ajoutée [...] Nous n'avons jamais été capables d'anticiper. » Selon lui, la transformation locale pourrait multiplier par quatre la valeur des produits, mais nécessite une alliance stratégique entre pays producteurs, à l'image de l'OPEP pour le pétrole. La vulnérabilité des producteurs Oscar Toukpo décrit les facteurs de paupérisation des planteurs : : Revenus inférieurs à 750 francs CFA/jour (moins de 1,15 dollar), sous le seuil de pauvretéPratiques agricoles destructrices (cacao plein soleil, déforestation)Impact du swollen shoot (maladie des pousses du cacaoyer) et vieillissement des plantationsAppauvrissement des sols et migration constante vers de nouvelles terresEndettement auprès d'usuriers pendant la période de soudureDéperdition scolaire : familles nombreuses ne pouvant pas financer l'éducation des enfants Phénomène préoccupant : migration de producteurs ivoiriens vers le Libéria et la Guinée forestière pour trouver des terres plus fertiles, avec risque de conflits fonciers futurs. « Ces paysans là, qui produisent le cacao donc la matière première, n'ont aucunement d'influence sur la fixation des prix. » La réponse de l'État ivoirien et du Conseil Café-Cacao Yves Brahima Koné, directeur du Conseil Café-Cacao, explique la stratégie d'intervention : « L'État va s'appuyer en priorité sur des opérateurs nationaux crédibles, solides et structurés qui conduiront les opérations d'achat et d'enlèvement [...] Ce mécanisme mis en place se poursuivra tout au long de la campagne principale afin de décongestionner le bord champ. » Les défis futurs ...
    Mostra di più Mostra meno
    50 min
  • La FED défie Trump, l'indépendance des banques centrales en danger ?
    Jan 30 2026

    Ce sont des tensions inédites entre le pouvoir politique américain et la Réserve fédérale (Fed), au moment où Donald Trump multiplie les attaques publiques contre son président, Jerome Powell. Accusé de ne pas baisser les taux d’intérêt assez rapidement, le patron de la Fed est au cœur d’un bras de fer qui dépasse la simple controverse conjoncturelle et pose une question fondamentale : l’indépendance des banques centrales est-elle en train de vaciller ?

    👉 L’émission revient d’abord sur la nature et l’ampleur de ces critiques, leur caractère inhabituel par leur virulence, et les tentatives de recours à des procédures judiciaires pour fragiliser certains membres de la Fed. Les invités montrent que, si les pressions politiques sur les banques centrales ne sont pas nouvelles, la forme prise aujourd’hui aux États-Unis marque une rupture dans les usages.

    Olivier Garnier, chef économiste de la Banque de France, ancien économiste à la Fed

    💬 « Ce qui est plus nouveau, c’est que Trump s’est lancé dans des attaques pour essayer d’évincer certains membres du board de la Fed avec des procédures judiciaires. »

    👉 À travers un éclairage historique, les débats replacent la situation actuelle dans une longue trajectoire, depuis l’entre-deux-guerres jusqu’à l’émergence, dans les années 1990, d’une conception moderne de l’indépendance des banques centrales, fondée sur un mandat clair de stabilité des prix et sur la maîtrise autonome des instruments de politique monétaire. L’émission explore également les différences institutionnelles entre la Fed et la Banque centrale européenne, ainsi que les raisons pour lesquelles le cadre européen offre, sur certains aspects, des garanties plus solides.

    Adriano do Vale, maître de conférences en économie à l'Université de Poitiers – Auteur «L’indépendance des banques centrales, à l'aune de l'histoire de la pensée et des pratiques» (Classiques Garnier)

    💬 « La politique monétaire est une affaire éminemment politique, et ça, ça a toujours été comme ça. Ce qui marque la singularité de ce moment, c’est surtout la forme, le vocabulaire et le ton. »

    👉 Les échanges abordent aussi la dimension internationale du dossier : la solidarité exprimée par plusieurs gouverneurs de banques centrales envers Jerome Powell, les réactions observées jusqu’en Nouvelle-Zélande, et le rôle de forums comme la Banque des règlements internationaux dans la constitution d’une véritable communauté mondiale de banquiers centraux.

    Enfin, l’émission se projette vers l’avenir en analysant les perspectives de politique monétaire américaine : maintien ou reprise des baisses de taux, risques d’une détente prématurée, crédibilité de la Fed face aux marchés et conséquences pour l’économie mondiale.

    Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade

    💬 « La question centrale aujourd’hui est de savoir si la Fed pourra baisser ses taux dans les prochains mois sans compromettre sa crédibilité. »

    👉 Dans la seconde partie de l'émission, nous vous proposons un entretien avec le député et ancien ministre de RDC Kin Kiey Mulumba, par ailleurs fondateur du journal Le Soft et président du Conseil d’administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA). Il publie « Une histoire du Congo, de Mobutu à Tshisekedi » (Le Cherche Midi).

    Découvrez l'entretien en vidéo sur la chaîne Youtube de RFI.

    Mostra di più Mostra meno
    1 ora e 9 min
  • «Champions d'Afrique dans la gestion du risque» - Philip Sigwart, PDG de Baobab (microfinance)
    Jan 24 2026

    Notre Grand invité de l’économie RFI – Jeune Afrique est un spécialiste du financement des entreprises sur le continent africain, en particulier les très petites entreprises et les PME, moteurs essentiels de la croissance et de l’emploi : Philip Sigwart, président-directeur général du groupe panafricain de finance inclusive Baobab détaille sa stratégie et livre un diagnostic sur les défis du secteur au micro de Bruno Faure (RFI) et Aurélie M'Bida (Jeune Afrique).

    À la tête du groupe Baobab depuis 2019, Philip Sigwart incarne une trajectoire singulière, à la croisée de la banque internationale, du terrain et de la finance inclusive. Formé à l’économie à l’Université de Saint-Gall (Suisse) puis titulaire d’un MBA de Chicago Booth, il débute sa carrière à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), où il travaille sur le financement des petites entreprises dans des économies en transition. Il rejoint ensuite ProCredit Holding, groupe bancaire spécialisé dans les PME, et occupe des fonctions de direction dans plusieurs pays : Kosovo, Géorgie et République démocratique du Congo. Cette expérience de terrain, au contact direct des entrepreneurs, façonne durablement sa vision du crédit et du risque. Entre 2015 et 2019, Philip Sigwart poursuit son parcours en Afrique de l’Est, au Kenya, où il pilote l’activité PME d’Equity Group, l’un des plus grands groupes bancaires africains.

    Depuis Paris, il dirige aujourd’hui le groupe Baobab, acteur majeur de la finance inclusive, présent dans sept pays africains, au service d’environ 1,6 million de clients, principalement des entreprises de petite taille, artisans et commerçants. Sous son impulsion, Baobab a opéré un recentrage stratégique sur l’Afrique et revendique une croissance responsable, conciliant performance financière, inclusion et impact social.

    Au cours de cet entretien, il revient sur :

    • le rachat de Baobab par le groupe égyptien Beltone,

    • les enjeux de consolidation de la microfinance africaine,

    • le financement des TPE, PME et entrepreneurs,

    • la gestion du risque de crédit,

    • la place des fintechs,

    • l’inclusion financière des femmes,

    • les défis climatiques et agricoles,

    • et les priorités stratégiques du groupe, notamment au Nigeria et en RDC.

    Avec la participation d'Eric Ntumba, directeur général de Baobab Nigeria, filiale stratégique du groupe dans la première économie d’Afrique.

    Retrouvez les grands invités de l'économie ici

    Mostra di più Mostra meno
    48 min
  • Europe - Afrique : vers une nouvelle relation économique ?
    Jan 15 2026
    Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation économique et la montée de nouvelles puissances, la relation entre l’Europe et l’Afrique est à un tournant. Longtemps structurée autour de l’aide au développement, elle cherche aujourd’hui à évoluer vers un véritable partenariat fondé sur l’investissement, la co-construction et la création de valeur locale. C’est l’un des grands enjeux débattus lors du dernier sommet Union européenne – Union africaine, organisé à Luanda, en Angola. NOS INVITÉS 👉Mario Pezzini, économiste, ancien directeur du Centre de développement de l'OCDE, auteur du rapport Europa 360° pour la fondation espagnole Avanza 👉Benoît Chervalier, président de BCH Invest, vice-président Afrique du Medef international, président Africa Business Europe, cofondateur et directeur exécutif de la Chaire Business et industrie en Afrique de l'ESSEC, auteur de l'essai «Ce qu'attend l'Afrique» (éditions de l'Aube) 👉 Youssouf Camara, coach de dirigeants, directeur de la Maison de l'Afrique. D’un modèle d’aide à un modèle de partenariat Pendant des décennies, la relation euro-africaine a reposé sur une logique de donateurs et de bénéficiaires. Mais ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Pour l’économiste Mario Pezzini, ancien directeur du Centre de développement de l’OCDE, il est temps de passer à une alliance fondée sur le dialogue et la co-gouvernance : « Il faut construire une relation différente, basée sur des règles définies ensemble, et non plus sur des projets pensés uniquement côté européen. » Même constat du côté du secteur privé. Benoît Chervalier, banquier d’affaires et président Afrique de Business Europe, plaide pour une rupture avec l’aide publique au développement telle qu’elle existe aujourd’hui : « Il faut sortir de la logique de l’aide et aller vers une logique d’investissement. Ce que veulent les citoyens, c’est un retour sur investissement, pas seulement des promesses. » Une Afrique plurielle, des partenariats multiples L’Afrique n’est pas un bloc homogène. Ses réalités économiques, politiques et sociales varient fortement d’un pays à l’autre. De plus, l’Europe n’est plus le seul partenaire stratégique du continent. La Chine, les pays du Golfe, la Turquie ou encore l’Inde renforcent leur présence économique. Les pays africains revendiquent désormais la liberté de choisir leurs partenaires. « Personne ne veut être sous tutelle, ni les Africains, ni les Européens », rappelle Benoît Chervalier. Cette diversification se traduit aussi par des relations bilatérales plus dynamiques entre certains pays européens et africains, au-delà des cadres institutionnels. Global Gateway : 300 milliards d’euros pour l’Afrique L’Union européenne a lancé en 2021 le programme Global Gateway, un vaste plan d’investissement de 300 milliards d’euros, dont la moitié destinée à l’Afrique. Les priorités : infrastructures transition énergétique numérique santé transports éducation L’objectif est de proposer une alternative aux investissements chinois, en misant sur des financements durables et transparents. Mais le président sud-africain Cyril Ramaphosa met en garde : « Ces investissements ne doivent pas remplacer une dépendance par une autre. Ils doivent être transformateurs et créateurs de capacités locales. » Le défi de la transformation locale Un point fait consensus : l’Afrique doit transformer davantage ses ressources sur place. Produire localement, développer les chaînes de valeur, créer des emplois et réduire la dépendance aux exportations de matières premières sont des priorités. Mario Pezzini insiste : « Une infrastructure sans compétences ni institutions devient un décor. Une route seule ne crée pas de développement. » Les investissements doivent donc s’accompagner : de formation de politiques industrielles de soutien aux PME de renforcement des institutions PME, agriculture et jeunesse au cœur du développement Les petites et moyennes entreprises, souvent familiales, constituent l’essentiel du tissu économique africain. Pourtant, elles rencontrent de nombreux obstacles : normes, accès au financement, compétitivité, logistique. Youssouf Camara, directeur général de la Maison de l’Afrique, plaide pour une coopération plus opérationnelle : « Les accords politiques ne suffisent pas. Il faut accompagner concrètement les entreprises africaines pour qu’elles accèdent aux marchés européens. » L’agriculture, l’agro-industrie et les industries locales sont également des secteurs-clé pour absorber la forte croissance démographique du continent. D’ici 2050, environ 800 millions de jeunes entreront sur le marché du travail africain. Vers une relation plus équilibrée La nouvelle doctrine européenne repose sur une idée centrale : créer de la...
    Mostra di più Mostra meno
    1 ora e 5 min
  • Opération américaine au Vénézuela: un océan d'incertitudes pour l'économie mondiale
    Jan 9 2026
    Sous le commandement de Donald Trump, l'opération « Absolute Resolve » (Détermination Absolue) au Venezuela a créé une onde de choc mondiale avec des conséquences économiques majeures, bien au-delà des questions pétrolières et énergétiques. Pour la Chine (partenaire historique de Caracas), les autres BRICS, les potentielles cibles américaines (Groenland, Canada, Cuba) et les investisseurs du monde entier, un océan d'incertitudes se profile. Éco d'ici Éco d'ailleurs donne la parole aux experts. Les invités de l'émission Christopher Dembik, macroéconomiste, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management Alicia Garcia-Herrero, cheffe économiste pour la zone Asie-Pacifique de la Banque Natixis (basée à Hong-Kong) Philippe Sébille-Lopez, directeur du cabinet Géopolia, spécialiste des marchés pétroliers Margot François, chercheuse à l'Institut français de géopolitique et analyste chez Cassini, experte de l'économie cubaine Cléa Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin Le pétrole vénézuélien : un eldorado complexe Des réserves impressionnantes mais problématiques Le Venezuela possède théoriquement 300 milliards de barils de réserves, principalement dans le fleuve Orénoque, ce qui le placerait au premier rang mondial. Cependant, ces chiffres sont contestés et peu vérifiables. Les défis du pétrole vénézuélien Huile extra-lourde : très visqueuse et très soufrée, nécessitant un traitement particulierCoûts élevés : investissements nécessaires entre 60 et 80 dollars par barilInfrastructure vétuste : années de sous-investissement sous sanctionsRaffinage complexe : vendu avec une forte décote sur le marché Un intérêt stratégique pour les États-Unis L'outil de raffinage américain est équipé à 70% pour traiter du brut lourd. Le pétrole vénézuélien correspond parfaitement à ces installations, ce qui explique l'intérêt stratégique au-delà de la simple production. « Nous avons construit l'industrie pétrolière vénézuélienne grâce au talent, au dynamisme et aux compétences des Américains. Et le régime socialiste nous l'a volé en recourant à la force. » - Donald Trump La dimension géopolitique Avant l'intervention, 80% de la production vénézuélienne partait vers la Chine. La Russie, via Rosneft, était également très présente. Pour Washington, il s'agit autant de reprendre le contrôle que d'empêcher les concurrents d'y accéder. Impact sur la Chine : premier acheteur menacé Une relation économique majeure en péril La Chine avait prêté environ 60 milliards de dollars au régime vénézuélien, principalement sous Chavez, sous forme de prêts gagés sur des productions futures de brut. Les compagnies chinoises étaient devenues les principaux acheteurs du pétrole vénézuélien. Conséquences immédiates Le pétrole vénézuélien arrivant en Chine est déjà vendu avec des rabais et passe par des circuits logistiques compliqués. Si Washington bloque ou inspecte les cargaisons, les coûts augmenteront considérablement : assurances plus chères, délais plus longs, risques juridiques accrus. Les raffineurs indépendants chinois, appelés « teapots », qui vivent sur les marges, seront particulièrement touchés. Le baril vénézuélien devient « un baril plus compliqué et plus cher ». « La Chine est profondément choquée et condamne fermement l'utilisation éhontée de la force contre un État souverain. Cela constitue une violation grave du droit international. »- Porte-parole du gouvernement chinois Révision stratégique en Amérique latine L'intervention envoie un signal clair à toute la région. Les gouvernements et entreprises doivent désormais calculer : « Si je fais un gros deal chinois dans un secteur sensible, est-ce que j'attire une pression américaine ? » La Chine ne va pas abandonner l'Amérique latine facilement. La région représente des investissements de près de 200 milliards de dollars dans les minéraux critiques, terres rares, or et argent. Cuba : une économie au bord du précipice Une crise structurelle aggravée L'économie cubaine, déjà en crise permanente depuis la chute de l'URSS, risque le coup fatal. Cuba dépend fortement du pétrole vénézuélien pour son système énergétique vétuste. La situation cubaine Dépendance énergétique : les livraisons vénézuéliennes étaient déjà réduites depuis 2017Réseau électrique défaillant : coupures de courant quotidiennes, en province on parle "d'allumage de courant"Crise démographique : population passée de 11,2 millions à 9,75 millions (voire 8 millions selon des observateurs)Exode massif : 850 000 Cubains entrés aux États-Unis entre 2021 et 2023 « Cuba est un désastre. Il n'y a pas d'économie. Elle s'est complètement effondrée. Tous les gardes qui ont aidé à protéger Maduro étaient cubains. Les Vénézuéliens devraient déclarer leur indépendance vis-à-vis...
    Mostra di più Mostra meno
    59 min
  • Six étudiants africains pensent l’avenir de l'économie
    Jan 3 2026
    Éco d’ici, Eco d’ailleurs donne la parole à six étudiants de Sup de Co Dakar venus du Sénégal, du Gabon, du Bénin et du Togo pour comprendre comment la jeunesse africaine envisage l’économie de demain. Comment ces futurs décideurs voient-ils leur rapport au monde du travail, au leadership et à l’entrepreneuriat ? Quelles sont leurs idées pour accomplir le développement du continent, via le numérique et la finance, sans épuiser ses ressources ? L'émission est enregistrée dans les locaux de leur école de management (Sup de Co Dakar), tournée vers l'international et qui a l'ambition de former des cadres capables de transformer les économies sans nécessairement s’expatrier. Dior Cécile Rock – Étudiante sénégalaise, Business Administration Spécialité : Management et développement durable. « On ne peut pas parler de croissance sans parler de durabilité. » « En tant que jeune, on entre d’abord dans une entreprise pour apprendre, mais aussi pour innover. » « Les entreprises doivent intégrer la RSE comme une véritable stratégie, surtout les PME. » Seynabou Touré – Étudiante sénégalaise, Relations internationales Spécialité : Diplomatie et coopération internationale. « Qui dit relations internationales dit forcément s’ouvrir au monde. » « L’Afrique est la première victime du réchauffement climatique. » « La diplomatie verte doit devenir centrale dans les politiques africaines. » Diawo Sarr – Étudiante sénégalaise, Business Administration (parcours anglophone) Spécialité : Leadership et entrepreneuriat féminin. « L’entrepreneuriat féminin prend de plus en plus d’ampleur en Afrique. » « Un métier n’est pas destiné à un homme ou à une femme, mais à des compétences. » « Les femmes doivent oser aller jusqu’au bout de leurs ambitions. » Alec Mbou Gandji – Étudiant gabonais, Finance Spécialité : Finance et inclusion financière. « Comprendre les mécanismes de la finance est indispensable au développement de l’Afrique. » « Le numérique a un rôle clé à jouer dans l’inclusion financière, y compris en zone rurale. » « La formation est le point de départ de toute transformation économique durable. » Aurel Kolani – Étudiant togolais, Numérique Spécialité : Technologies digitales et intelligence artificielle. « Le numérique peut apporter une véritable révolution dans tous les secteurs en Afrique. » « L’éducation est la base de toute économie performante. » « La transition écologique passe aussi par une meilleure gestion des déchets et des ressources. » Francis Hounye – Étudiant béninois, Logistique et transport Spécialité : Transport aérien et logistique. « Le transport et la logistique sont des piliers stratégiques du développement africain. » « Les infrastructures modernes sont indispensables à l’intégration économique du continent. » « Il faut fixer des objectifs clairs et progresser étape par étape dans ce secteur. » Abdoul Aziz Sy – Directeur général de Sup de Co Dakar « Sup de Co Dakar est la concrétisation d’un rêve né dans les années 1990 : former des managers africains ici, sans s’expatrier. » « Nous avons convaincu les entreprises par la qualité des diplômés que nous mettons sur le marché. » « La pluralité des écoles et des offres est une chance pour que chaque jeune trouve sa voie. » L'école Sup de Co Dakar a été fondée par Aboubacar Sedikh SY. Décédé le 27 octobre 2025, il fut un précurseur de l’enseignement supérieur privé au Sénégal et a présidé la Fondation du Secteur Privé pour l’Education (FSPE) 💻 Réalisation Ibrahima Ba / Guillaume Munier 🎶 Choix musicaux : 🎵 Kati-K – L’Oiseau Rare 🎵 Yin Ko Yi - OPA 🎵 Kaay Waay - VJ
    Mostra di più Mostra meno
    51 min