«Le procès d’une vie» au théâtre, comment le droit à l’avortement a pris corps
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Au Théâtre du Splendid, la pièce de Barbara Lamballais et Karina Testa raconte le procès de Bobigny et le combat des femmes pour le droit à l’avortement et à disposer de leur corps.
Le 8 mars 2024, la France inscrivait le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans sa Constitution. L’occasion de graver dans le marbre une liberté chèrement acquise, mais aussi de se rendre compte du chemin parcouru depuis la loi Veil de 1975. Le procès de Bobigny -comme on a coutume de l’appeler- s’est tenu en octobre et novembre 1972, et constitue une étape importante de ce processus, tout comme le « Manifeste des 343 », pétition publiée un an auparavant dans l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur. 343 femmes déclarant avoir avorté, et réclamant « l’avortement libre ». Parmi les signataires, des personnalités comme la philosophe et écrivaine Simone de Beauvoir, ou l’avocate Gisèle Halimi.
Les deux femmes seront en première ligne pour défendre la jeune Marie-Claire Chevalier, 16 ans, enceinte après avoir été violée par un garçon de 18 ans, et traînée en justice pour avoir eu recours à une faiseuse d’anges.
C’est autour de ce procès que Barbara Lamballais et Karina Testa ont bâti cette pièce, une fiction historique librement inspirée de la vie de Gisèle Halimi et des minutes du procès.
SororitéNourries par une solide documentation, les deux autrices ont choisi de mettre en valeur la sororité de ces combattantes du droit des femmes à disposer de leur corps : Marie-Claire Chevalier (Maud Forget, fragile et forte en même temps), sa mère Michèle (Céline Toutain, aimante, responsable et combative), la faiseuse d’anges Micheline Bambuck (Karina Testa, sincère et démunie), et les deux « complices » Renée Sausset (Déborah Grall), ancienne enfant abandonnée qui refuse que l’enfant de Marie-Claire subisse le même sort, et Lucette Dubouchaix (Jeanne Arènes), fervente catholique qui tente de conjuguer les valeurs de sa foi et son empathie profondément humaine.
Dans la pièce -entorse assumée à la réalité historique-, toutes ces femmes sont défendues par une seule avocate : maître Gisèle Halimi (Clotilde Daniaud), qui entend faire du procès un procès politique, afin de faire changer la loi.
Une rythmique impeccablement huiléeParmi les comédiennes, Maud Forget et Clotilde Daniaud sont les seules à jouer un seul rôle ; toutes les autres endossent avec un entrain réjouissant les costumes de plusieurs personnages. Il en est de même pour Julien Urrutia, qui incarne tous les rôles masculins de ce spectacle à la rythmique impeccablement huilée, et qui suscite l’adhésion enthousiaste d’un public que la mise en scène de Barbara Lamballais enrôle dès le prologue.
Le procès d’une vie, au Théâtre du Splendid (Paris).