«Le blanc du drapeau», une BD-enquête en immersion au cœur de l’extrême-droite
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À travers le personnage d’une jeune et intrépide prof d’histoire-géo, Julie Scheibling et Clara Chotil nous font découvrir les intégristes religieux et politiques qui nourrissent la droite française la plus radicale.
En 2009, le visage de Julie Scheibling apparaissait sur les écrans de cinéma aux côtés de Vincent Lacoste, dans le film de Riad Sattouf Les Beaux Gosses. C’est que la scénariste est aussi comédienne, tout comme son personnage principal, Mathilde. Et ce ne sont pas les points communs qui manquent : elle aussi a enseigné l’histoire-géographie, et elle aussi s’est intéressée aux dérives sectaires d’extrême-droite.
AutofictionLe blanc du drapeau est donc une autofiction nourrie par son passé d’enseignante, mais aussi d’étudiante en sciences politiques et en théâtre. L’histoire est mise en images avec beaucoup de vivacité par Clara Chotil, architecte de formation, mais aussi plasticienne et chercheuse, et autrice du remarqué Opera negra (Actes Sud BD, 2022).
Ce duo de choc nous guide dans les méandres de la droite radicale française, à travers une enquête qui fait passer l’héroïne de la salle des professeurs aux manifestations identitaires, en passant par une église « dissidente du Vatican » et le visionnage de vidéos plus complotistes les unes que les autres.
Au centre du récit, Christophe, le professeur de philosophie de l’établissement. S’il accueille Mathilde avec chaleur, il laisse aussi transpirer de plus en plus ouvertement ses opinions réactionnaires, aussi bien en privé qu’en classe. Intriguée, Mathilde se met peu à peu à enquêter, jusqu’à infiltrer une galaxie aux ramifications complexes.
Le blanc du drapeau, c’est celui qui se trouve encadré par les couleurs de Paris, le bleu et le rouge. Le blanc, c’est la couleur de la monarchie. Il en est brièvement question dans l’album, mais l’essentiel du récit ne porte pas sur les monarchistes ni sur les royalistes. L’enquête de Mathilde sur son collègue lui fait découvrir toute une série d’univers interconnectés – y compris au sens virtuel du terme- dans lesquels dérives sectaires, groupuscules ultraviolents, collectifs identitaires racistes et pseudo-féministes sont légion.
À l’appui du récit, une solide documentation permet aux autrices de nourrir les notes que la jeune enseignante rédige en écriture cursive sur un cahier d’écolier, au fur et à mesure de son enquête. Ces doubles pages rythment la narration. Chaque chapitre s’ouvre par ailleurs par le dessin de Mathilde en train d’afficher une photo sur la porte de l’appartement qu’elle partage avec son colocataire, journaliste-pigiste désargenté, qui l’aide à rassembler ses idées.
Le blanc du drapeau, Julie Scheibling et Clara Chotil (Albin Michel/Bande dessinée).