Les lettres du paradis
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Letto da:
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Nasri Sayegh
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Kokach Samar
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Di:
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Iman Mersal
Septième titre de la collection des Racines autour d'un autre champ lexical et sonore : ici, nous revenons sur une racine déjà explorée dans le premier volume de la série, Les lettres du jardin, la racine j•n•n, qui nourrit les mots janna (paradis), jounayna (jardin), djinn (esprit malin), janîne (fœtus), majnoûn (fou). Mais aussi les mots janân (voile, rideau, bouclier), jounna (armure) ou janân (l'âme, le cœur) : cette racine est en fait liée à tout ce qui est enveloppé par la nuit, plongé dans l'obscurité, ce que l'on ne voit pas, qui est dissimulé à la compréhension immédiate… C'est cette dimension qui est explorée par Iman Mersal, grande poétesse contemporaine égyptienne.
Il nous paraît intéressant de publier plusieurs ouvrages autour d'une même racine, pour attester que chaque personne peut s'adonner au jeu, chercher ce qui relie ces mots, et qu'il n'y a pas une seule réponse à la compréhension du lien qui les unit. Iman Mersal propose une interprétation de ce champ de mots très différente de celle de Layla Zarqa dans Les lettres du jardin, laquelle avait choisi de s'adonner à un exercice d'écriture proche de l'oulipo, en inventant un principe narratif ou littéraire qui reliait les mots de la racine entre eux.
La poésie d'Iman Mersal explore le chemin de la vie : du fœtus au monde des esprits, de la naissance à l'au-delà de la mort. Le long de ce chemin, elle questionne la folie des hommes, le moment où tout bascule. Elle interroge le lien entre les mondes et poétiquement, les raisons linguistiques qui placent, en arabe, ces mots dans le même champ.
L'illustration d'Herbera vient sublimer l'écriture d'Iman Mersal : Herbera grave, imprime, peint, laisse couler. Dans la matière même de son image, elle répond au thème de la trace évoquée par la poésie de Mersal. Herbera pose sur ses peintures des personnages en noir et monotypes, mi-réels mi-esprits, mi-hommes mi-animaux, au croisement des mondes. Traduit de l'arabe (Égypte) par Richard Jacquemond. Livre sonore bilingue français-arabe réalisé par Catherine Vincent.
Illustrateur : Herbéra Herbéra
©2025 Le port a jauni (P)2025 Le port a jauni