Comment la Chine assure sa domination sur l'IA
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Arrivé à Shanghai en 2016 pour y transmettre son expertise en machine learning, Édouard de Mézerac en est reparti convaincu du contraire : c’est la Chine qui lui a tout appris. Aujourd’hui CEO d’Artefact, qu’il a rejoint en 2018 pour en développer l’activité chinoise, il livre son décryptage d'un écosystème souvent mal compris depuis Paris.
Certes, Pékin est arrivé plus tard sur les modèles de langage, mais selon lui, la Chine était déjà dans la course en machine learning et en reconnaissance d’image, avec un plan stratégique sur l’IA dès 2017. Son pari de l’open source paie : huit des dix meilleurs modèles ouverts du classement Hugging Face sont chinois, mais aucun ne figure parmi les meilleurs modèles fermés, avec environ six mois de retard.
Le goulot, ce sont les puces, privées de Nvidia, et l’électricité, qui pèse 60 à 70 % du coût d’un token. D’où le programme de transfert de données est-ouest, Eastern Data, Western Computing, et des modèles conçus pour consommer jusqu’à cent fois moins : la rareté a rendu les ingénieurs créatifs. Il décrit aussi un optimisme technologique saisissant, avec 83 % d’avis positifs sur l’IA en Chine, contre 41 % en France.
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