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En France, des opérations de replantage de haies pour restaurer le patrimoine bocager

En France, des opérations de replantage de haies pour restaurer le patrimoine bocager

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Pendant dix jours, le Salon de l'agriculture met les produits du terroir et le travail des agriculteurs à l’honneur. Les agriculteurs soulignent régulièrement comment ils façonnent le paysage français, un paysage qui comporte de moins en moins de haies puisqu'il a diminué de 70 % entre les années 1950 et 2023.

Si les politiques pour favoriser le retour des haies font débat dans le monde agricole, certains exploitants y trouvent un intérêt, comme la ferme Aux Champs Soisy, dans l’Essonne. La semaine du 18 février, une opération de plantation de haies y a été menée.

Le coup de bêche assuré, Isis Gonzalez n’est pas agricultrice, mais en tant que cheffe de projet de la Fondation Yves Rocher, les plantations de haies, ça la connaît. La Fondation est mécène du Fonds pour l’arbre.

« On sait qu'on perd beaucoup plus de haies que ce qu'on replante. Du coup, c'est vraiment un besoin essentiel de restaurer le patrimoine bocager de la France », défend Isis Gonzalez.

À la manœuvre, ce sont essentiellement des salariées de la marque de cosmétique, parfois accompagnées, malgré le temps pluvieux, de leurs enfants.

Varier les espèces pour une multitude de bienfaits

Une dizaine d'essences sont plantées. « Ce sont des essences champêtres qu'on retrouve en bord de champs et locales, explique Antonin Mercier de l’association Agrof’ile. Il accompagne les agriculteurs sur des projets agroécologiques et organise le chantier. On a de l'érable champêtre, du fusain d'Europe. L'idée, c'est de favoriser les insectes qui vont manger les ravageurs de cultures. »

Ces insectes sont donc des auxiliaires de cultures. Et les essences végétales n’ont pas été choisies au hasard par Agrof’île et les producteurs de fruits biologiques. « On a cherché des essences qui pouvaient être intéressantes pour les réserves d'auxiliaires ou pour démarrer les cycles de ravageurs un peu plus tôt, pour que les auxiliaires soient déjà arrivés quand ces ravageurs arrivent dans les vergers », explique Pauline Fouquet de la ferme aux Champs de Soisy.

Nourrir le sol et protéger du vent

Ces haies permettent aussi de nourrir le sol. « Les ligneux, donc les arbres-arbustes, ont un système racinaire qui va beaucoup plus profond que les plantes herbacées, détaille Antonin Mercier. Et donc ils vont pouvoir aller puiser dans les couches plus profondes du sol les nutriments dont ils ont besoin et ils les remontent via la chute des feuilles. »

De plus, quand les petits plants auront atteint une bonne taille, arbres et arbustes filtreront le vent et en réduiront la violence. « Ces arbres fruitiers, on ne veut pas qu'ils montent très haut pour récolter les fruits. Ils ont un système racinaire moins développé que les arbres. On va les protéger du vent. Du fait qu'ils ont moins de racines, ils résistent moins aux vents violents et surtout, il y a du palissage. C'est quelque chose qui est très coûteux à mettre en place et donc on le protège au maximum », poursuit le membre de l’association Agrof’ile.

Ce n’est pas l’effet recherché sur cette parcelle, mais un bon maillage du territoire permet aussi une bonne régulation de l’eau et évite l’érosion des terrains. À plus long terme, les agriculteurs espèrent valoriser les branches coupées lors de l’entretien des haies.

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