Est du Sénégal: Kidira, face à la peur d’une contagion du conflit malien [3/5]
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L’est du Sénégal face au risque de la contagion jihadiste, suite de notre série de reportages. Direction Kidira, dernière ville du Sénégal, sur la route qui relie Dakar à Bamako. Depuis que des jihadistes ont attaqué le poste-frontière côté malien à un kilomètre de Kidira en juillet dernier, la surveillance a été renforcée côté sénégalais. Il n'empêche, la population de cette ville frontalière vit dans la crainte d’une extension du conflit.
De notre correspondante de retour de Kidira,
Assis à l’ombre d’une cahute en bois, le toit recouvert de pailles, une vingtaine de personnes attend que les taxis collectifs se remplissent direction l’ouest du Sénégal, une matinée ordinaire à la gare routière de Kidira. Ibrahima, qui vend des tickets, n’est pas inquiet de la proximité de la frontière malienne à tout juste 200 mètres : « Nous, on a la sécurité. Sur le pont, là-bas, il y a des policiers. Si tu passes, on te demande ta carte d’identité, sans ta carte tu te fais refouler. »
Le pont qui passe au-dessus de la Falémé, un affluent du fleuve Sénégal, est tout ce qui sépare Kidira de sa jumelle au Mali, Diboli. Mais dans cette zone surnommée le Sénémali, tant les populations sont liées, le sujet de la sécurité ne laisse personne indifférent, comme l’explique Lia Waso qui vend des bouteilles d’eau aux voyageurs : « Diboli et Kidira, c’est presque la même ville, c’est à moins d’un kilomètre et demi. Donc, la situation, là-bas, les attaques et l’insécurité, ça nous fait mal. On a des parents de l’autre côté et d’autres qui vivent ici, donc on espère que ça va s’améliorer. »
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Le traumatisme de l’attaque du 1er juilletUne proximité qui est aussi source d'insécurité, comme le raconte Aïssatou qui tient la cantine à côté de la gare routière : « Toi, tu t’assois et tu entends "panpan, pan", ça fait peur. » Aïssatu fait référence à cette attaque du 1er juillet quand les jihadistes ont tiré sur le poste frontière de Diboli à moins d’un kilomètre. Depuis, tout le monde en convient, la sécurité a été renforcée. Un blindé surmonté d’une mitrailleuse est posté en permanence à la frontière côté sénégalais. L’armée patrouille en ville, mais une nouvelle attaque du Jnim, fin janvier, à une trentaine de kilomètres à peine du Sénégal, ravive l’anxiété.
« Nous, les mamans, on n’est pas tranquilles. » Djeinaba, née et grandie à Kidira, a peur : « Les jihadistes, l’autre jour, ils sont venus ici, ce n’est même pas loin. Ils ont brûlé des camions-citernes, plus de 12 chauffeurs ont été tués. On a bien sécurisé les frontières. Le Garsi est là, les gendarmes sont là, la police, on a tout augmenté, mais quand même, jusqu’à présent, on a peur, car on n'est pas loin, on ne sait pas quel jour ils vont venir. Les jihadistes, ils peuvent même déjà être ici, car de Diboli à Kidira, tu peux venir à moto ou même à pied. »
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Une frontière qui continue de vivre malgré toutEn ville, aucun responsable local ne souhaite s’exprimer sur l’épineux sujet de la sécurité, tant la proximité du Mali et la crainte d’éventuelles représailles sont fortes. Pendant ce temps, à la frontière, policiers, gendarmes et agents de la douane sont assis côte à côte à l’ombre des arbres. De chaque côté du fleuve, piétons et vélos traversent, ainsi que des camions, presque comme si de rien n’était.